Les malades du cancer de plus en plus fragilisés face à la crise

Selon le deuxième rapport de l’Observatoire sociétal des cancers que la Ligue nationale contre le cancer publie jeudi 21 mars, 20 000 malades ou proches de malades ont demandé de l’aide à l’association pour se nourrir, régler une facture EDF ou des frais médicaux… « Plus que jamais avec la crise économique, le cancer représente un facteur de paupérisation majeure pour les malades. Dans ce contexte grave, le rôle des proches dans le soutien aux malades devient une question de survie sociale centrale. De plus en plus de malades ne peuvent plus faire face à l’ensemble des dépenses », souligne le rapport. Une situation inquiétante quand on sait que le cancer est la première cause de mortalité en France et que chaque jour, 1000 nouveaux cas sont dénombrés.

52% des aides concernent le quotidien.

L’année dernière, la Ligue a versé 6,5 millions d’euros à des patients dans le besoin : 65% sont des femmes, 59% des actifs de 30 à 60 ans). Les personnes seules et les ouvriers sont en augmentation depuis l’année dernière. « Bien que le cancer soit la première pathologie bénéficiant de l’ALD (Allocation Longue Durée), les malades atteints de cancer n’arrivent plus à financer le quotidien. Cette situation est anormale », dénonce Jacqueline Godet, Présidente de la Ligue. Parmi les demandes d’aides, 52% concernent la vie quotidienne (nourriture, factures, paiement des impôts…), 23% visent les dépenses liées à la maladie et notamment le forfait hospitalier, l’achat d’une perruque et d’une prothèse mammaire, la prise en charge des dépassements d’honoraires, etc., 17% aident à payer une aide ménagère ou une assistante maternelle pour les enfants malades.

 

L’impact du cancer sur les proches.

Un sondage Ipsos montre que, pour 27% des proches, l’angoisse de la mort de la personne malade est la première difficulté. L’impact sur le moral (20%) et sur la vie familiale (17%) sont les secondes préoccupations. Viennent ensuite, le temps consacré au malade, les conséquences sur la vie professionnelle, l’aménagement du domicile et les répercussions financières du soutien à apporter. Pour 74% des personnes interrogées, être proche d’une personne gravement malade, c’est d’abord être à son écoute et être présent physiquement à ses côtés. Sont ensuite cités le soutien administratif et l’implication dans une aide à la vie quotidienne. Seules 40% des proches s’estiment suffisamment informées sur les dispositifs permettant de les seconder. Les demandes de pronostic émanent à 66% d’une demande des enfants des patients contre seulement 4% des malades eux-mêmes.