Les Français veulent «sanctuariser» les hôpitaux





62 % des personnes interrogées considèrent que les sommes allouées à l’hôpital annuellement sont utilisées de manière inefficace, 38 % pensant l’inverse. Mais si le jugement est globalement négatif, il l’est moins comparé à d’autres postes budgétaires comme la politique de l’emploi ou la politique de santé d’une manière générale, «conséquence, certainement, de l’attachement des Français à cette institution de l’État providence» estiment Acteurs publics.

S’agissant des économies à faire à l’hôpital public, deux pistes dominent nettement dans l’opinion : 37 % des interviewés évoquent le développement des alternatives à l’hôpital, comme par exemple l’hospitalisation à domicile et 36 % mentionne la meilleure coordination entre l’hôpital et les autres acteurs de la santé. En revanche, la promotion du recours aux nouvelles technologies (12 %) et surtout la fermeture ou la réorganisation des hôpitaux à l’activité et à l’expérience médicale insuffisantes (6%) convainquent nettement moins.

D’une manière plus générale, les mesures privilégiées par les Français pour permettre au gouvernement de réduire les dépenses de santé ne concernent guère l’hôpital, signe d’une sanctuarisation de cette institution dans leur esprit. En effet, seuls 18 % d’entre eux envisagent prioritairement la diminution des dépenses liées à l’hôpital via la fermeture de certains établissements ou le développement de la chirurgie ambulatoire. C’est avant tout le contrôle plus serré des arrêts maladie qui est évoqué (68%) et, dans une moindre mesure, l’accent davantage mis sur la prévention (42%).

Concernant les différentes options pour réduire les dépenses sur les produits de santé, une majorité relative se dégage pour une responsabilisation des professionnels de santé (35%) suivi par un meilleur encadrement des dépenses liées aux produits coûteux à l’hôpital (26 %), la responsabilisation du patient (22%) et enfin une démarche volontariste sur les médicaments génériques (17%).

Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques