Ras-le-bol des déremboursements, des dépassements d’honoraires, les Français sont mécontents et pessimistes pour leur santé et l’avenir de la Sécu d’après la cinquième édition du Baromètre Santé de La Banque Postale-La Mutuelle Générale-“La Tribune”.

La satisfaction des Français vis-à-vis du niveau du remboursement de la Sécurité sociale chute à 53 % cette année contre 59 % l’an dernier et 64 % en 2007. D’ailleurs, 27 % des Français avouent avoir reporté en 2011 des dépenses de santé faute de moyens financiers (+ 4 points par rapport à 2010) et même 40 % parmi les employés. Et les craintes sur l’évolution des remboursements dans l’avenir ne cessent de grandir : les pessimistes étaient 76 % en 2007, ils sont 81 % cette année.

Ce sont les remboursements des médicaments qui suscitent à la fois la plus grande baisse de satisfaction (- 8 points de 67 % en 2007 à 59 % en 2 011) et le plus grand pessimisme quant à leur évolution (+ 10 points sur la même période). D’ailleurs, deux Français sur trois désapprouvent le déremboursement de certains médicaments et même la moitié des personnes interrogées le trouvent “pas du tout normal”. Et en ce qui concerne le non-remboursement des médicaments, dont l’utilité est jugée insuffisante, 55 % des personnes se déclarent “plutôt pas favorables” et en particulier les retraités à revenus modestes (67 %).

En revanche, près de 9 Français sur 10 déclarent accepter les médicaments génériques. Mais ceux qui ne les acceptent “pas systématiquement” augmentent (+ 7 points à 34 %). De plus, 86 % disent respecter le parcours de soins coordonné de la Sécurité sociale, cette proportion recule cependant de 5 points en un an. Et ceux qui affirment suivre ce parcours “systématiquement” ne sont que 53 % contre 58 % en 2010. Pourtant, ceux qui se disent favorables au médecin traitant, pierre angulaire du parcours de soins, restent stables à 69 %. Sachant que 7 Français sur 10 déclarent savoir que le non-respect du parcours entraîne un moindre remboursement mais qu’ils ne sont que 44 % à le qualifier de “bonne” mesure. Les avis apparaissent donc mitigés sur les réformes engagées.

Mais d’après l’enquête, la conviction que l’État doit continuer à prendre en charge les dépenses de santé reste inchangée depuis cinq ans : 56 % des Français considèrent que l’État “doit tout mettre en oeuvre pour que la Sécurité sociale rembourse le plus possible les dépenses des santé des Français, quitte à augmenter les impôts”.