Les femmes ont moins d'hémorragies après un accouchement  

Deux fois moins de femmes meurent d’hémorragies après l’accouchement. Une bonne nouvelle qui ressort du rapport intitulé « Mortalité maternelle en France » remis à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, par des chercheurs de l’Inserm.

Le pourcentage des hémorragies du post-partum, qui représentent la première cause de mortalité maternelle en France, est en effet passé de 16 % en 2004-2006 à 8 % pour la période 2007-2009.

Les résultats épidémiologiques de ces travaux, publiés dans le Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, montrent que 254 décès maternels sont survenus en France pendant la période 2007-2009, soit une moyenne de 85 par an, et un taux de mortalité de 10,3 pour 100.000 naissances.  Il s’agit de décès survenant au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après l’accouchement. Ce taux est jugé par les auteurs relativement stable et comparable à celui de plusieurs pays européens voisins.

« Ces résultats sont à mettre en rapport avec l’importante mobilisation, depuis dix ans, des chercheurs et des cliniciens, dont l’attention fut attirée par les premiers résultats de cette enquête, pour évaluer et améliorer les soins dans le contexte de l’hémorragie obstétricale. Toutefois, l’amélioration doit encore se poursuivre puisqu’environ 50% de ces décès sont considérés comme « évitables » en France, dans les conditions actuelles et l’accès généralisé des femmes enceintes à la surveillance prénatale et à des soins de qualité » commente Marie-Hélène Bouvier-Colle, directeur de recherche émérite Inserm au sein de l’unité Inserm U953 « Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants ».

Parmi les principaux facteurs de risques, les chercheurs ont identifié l’âge – plus de la moitié des décès surviennent chez des femmes de 30 à 39 ans – et la nationalité, les morts maternelles étant deux fois plus élevées (22,4 pour 100.000 naissances ) chez les femmes venant d’Afrique subsaharienne. Les taux varient également selon les régions : la mortalité maternelle est plus élevée que la moyenne nationale dans les départements d’outre-mer (32,2 pour 100 000 naissances) et en Ile-de-France (12,5 pour 100 000 naissances). Les autres facteurs de risque de la mort maternelle sont l’obésité et les grossesses multiples.

Les hémorragies restent malgré tout la première cause de décès maternels

Reste que si leur part dans la mortalité maternelle a sensiblement diminué (18% au cours de la période 2007-2009 contre 25,5% entre 2004 et 2006), les hémorragies représentent encore la première cause de décès maternels, devant les embolies pulmonaires (11%) et les complications de l’hypertension (9%).

Ces résultats ont permis aux auteurs du rapport d’émettre 20 recommandations, parmi lesquels on peut mentionner : l’importance de l’implication des soignants dans la déclaration et la revue des morts maternelles pour assurer une meilleure connaissance du profil national de ces cas, l’évaluation des risques avant la conception et en début de grossesse, via la prévention : vaccination contre la grippe pour les femmes prévoyant une grossesse ou enceintes, évaluation des risques d’une grossesse quand une pathologie est préexistante.

Mais aussi l’importance de l’examen médical de la femme enceinte en dehors de la sphère obstétricale (examen cardiaque par exemple), le maintien de la vigilance après l’accouchement quand la mère rentre à son domicile, c’est-à-dire l’informer sur les signes d’accidents thromboemboliques veineux et ischémiques artériel,  l’importance des examens post mortem des décès maternels. D’autres messages concernent la prise en charge médicale des hémorragies obstétricales, des infections, des maladies hypertensives, des embolies amniotiques, et des thrombo-embolies veineuses.