Alors que la réforme du financement des retraites commence cette semaine son parcours parlementaire et après la présentation fin septembre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014, l’Ifop a mené, pour le compte d’Acteurs publics et Ernst & Young, une enquête sur les perceptions des Français quant à leur système de protection sociale et de santé.

Les personnes interrogées par l’Ifop portent un jugement sévère sur les dépenses de protection sociale en France. Un résultat qui reflète l’inquiétude des Français concernant le financement des retraites et la prise en charge de la fin de vie.

Il ressort d’abord de cette étude qu’une large majorité des personnes interrogées estime que l’argent public consacré chaque année par le pays à sa politique de protection sociale et de santé est utilisé de manière inefficace (71 %).

À l’inverse, 29 % portent un jugement positif. À titre de comparaison,  la même question posée lors de précédents Observatoires au sujet de la seule politique de santé engendrait un résultat d’efficacité perçue supérieur (35 %).

Une majorité d’entre elle, cependant, estime que l’objectif d’une prise en charge des accidents du travail ou des maladies professionnelles est atteint (67 %). De même, les jugements sont plutôt positifs s’agissant de trois autres objectifs : l’indemnisation correcte des personnes perdant leur emploi (54 %), l’amélioration de la santé publique d’une manière générale (52 %) et l’allègement des charges liées à la présence d’enfants dans la famille (51 %).

Le constat s’avère beaucoup plus sévère s’agissant de trois autres grandes finalités du système de protection sociale : 36 % seulement des Français pensent qu’il permet de prendre en charge la dépendance des personnes âgées, 38 % de garantir une fin de vie de qualité ou 28 % d’offrir une retraite convenable aux personnes âgées.

Les Français semblent très partagés sur différentes propositions faites au sujet du financement de certains risques. Ainsi, 53 % adhèrent à l’idée qu’il faudrait financer par l’impôt ou la CSG, et non par les cotisations, les prestations dites universelles, à savoir la famille et la maladie ; 52 % penchent pour un financement exclusivement par les cotisations sociales des prestations dites contributives, retraites et chômage.

L’opinion est en revanche beaucoup plus unanime sur d’autres propositions : ainsi, l’accord est très minoritaire sur l’idée de laisser plus de place aux assurances privées et mutuelles pour permettre une réduction des déficits (33 %), ou encore sur la réduction des cotisations patronales quitte à relever celles des salariés en vue d’une plus grande compétitivité des entreprises (26 %).

S’ils se montrent majoritairement sceptiques au sujet de l’utilisation qui est faite par les pouvoirs publics des fonds consacrés par la nation à la politique de protection sociale et de santé, les Français s’avèrent majoritairement favorables à l’idée de payer plus pour la protection sociale afin de maintenir leur propre niveau de couverture et celui de la population (66 %), une minorité choisissant à l’inverse une stabilisation ou une diminution des prélèvements en contrepartie d’une réduction du niveau de couverture (34 %).

Au final, cette enquête traduit l’ambivalence du sentiment des Français au sujet de leur protection sociale et de santé, marqué à la fois par un attachement fort à la pérennité du système et par une défiance manifeste à l’égard de l’efficacité de la gestion par les pouvoirs publics des fonds qu’y consacrent salariés, entreprises et contribuables.

Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques