Les collégiens sont de plus en plus « connectés » et ont une vie sociale très riche

Les réseaux sociaux, les téléphones portables, l’usage de l’ordinateur, de l’Internet… les adolescents sont nés avec. En entrant au collège, 22 % des garçons et 31 % des filles utilisent quotidiennement ces techniques de l’information et de la communication (Tic). Avant l’entrée au lycée, ce mode d’échanges concerne 46 % des garçons et 65 % des filles.

Ces pratiques inquiètent les adultes et particulièrement les parents.

Les jeunes sont-ils “addicts” aux nouvelles technologies ? Modifient-elles leur quotidien ? Quelles sont les répercutions sur leur santé physique et mentale ?

Une grande enquête sur la santé des jeunes menée dans 39 pays par l’organisme Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) et en France par est le Rectorat de Toulouse en partenariat avec l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) révèle que les adolescents d’aujourd’hui ont un large réseau d’“amis” virtuels sur le net et, contrairement à une idée répandue, ils ne se trouvent pas privés de contacts réels, au contraire !

Le point avec François Beck, de l’Inpes.

Les réseaux sociaux ont-t-il modifié la vie des collégiens et ont-t-il eu un impact sur leur santé ?

Dans la dernière enquête de 2006, l’usage des TIC au collège était encore peu répandu, en 2010, on voit que les collégiens et surtout les collégiennes sont très connectés !

En ce qui concerne les réseaux sociaux, le point intéressant à noter est que cette consommation accrue n’isole pas les jeunes. Plus de 93 % des ados ont au moins trois véritables amis, et ont une vie amicale plus riche qu’en 2006. Le fait d’avoir beaucoup d’amis virtuels ne change pas leur perception du réel. Ils font très bien la différence entre les vrais amis et les amis virtuels.

Ces nouveaux réseaux diversifient leurs connaissances, cela leur permet de garder par exemple plus de contacts avec des amis rencontrés lors de vacances, de voyages ou d’événements divers… Du coup leur réseau social s’enrichit surtout pour les garçons dont le réseau devient plus mixte.

Beaucoup de parents s’inquiètent de l’utilisation de ces réseaux sociaux…

Nous n’avons pas observé dans cette enquête de réels changements dans les pratiques des adolescents. On agitait notamment le spectre de la pornographie sur Internet, aucune donnée ne permet de corroborer cette crainte. Les jeunes se disent informés des risques. D’autre part, les pratiques sexuelles n’ont pas évoluées depuis 2006, l’âge moyen du premier rapport reste autour des 17 ans. Ceux qui ont eu des rapports avant (près d’un élève sur cinq en 4e et 3e a déjà eu un rapport sexuel, les garçons étant plus nombreux que les filles (22 % vs 14 %)), globalement les jeunes gardent une bonne impression de leur première fois.

Le seul point vraiment négatif est le sommeil. D’une part, le temps de sommeil a diminué : en 6ème il est de 9h et en 3ème de 8h10, ce qui n’est pas suffisant. D’autre part, beaucoup de collégiens se plaignent de problème d’endormissement et se trouvent fatigués le matin.

Pour ce qui est de l’activité physique, les filles font un choix très net de rester connectées plutôt que de faire du sport. Chez les garçons, c’est plus complexe, ils peuvent à la fois, faire du foot l’après-midi et jouer à ce sport devant un jeu vidéo toute la soirée.

On remarque aussi assez logiquement que les jeunes qui sont très connectés surtout le soir lisent moins mais on a aussi observé que certains collégiens faisait les deux : jouer à des jeux sur des consoles, utiliser les réseaux sociaux et lire.

Quels messages de prévention peut-on lancer en direction des jeunes ?

Les parents ont un rôle central à jouer pour aider leurs enfants à trouver le juste équilibre entre le réel : les inciter à pratiquer un sport, à lire ou a exercer une activité culturelle et le temps passé devant les écrans.

Et puis il y a un vrai message à faire passer sur l’image de son propre corps. Entre filles et garçons, des différences énormes existent. Les filles sont les plus nombreuses à avoir des insatisfactions totalement illégitimes sur leur corps. Elles se trouvent souvent laides ou trop grosses alors qu’il n’y a aucune raison particulière à cela.

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