Une étude franco-canadienne confirme que la prise de somnifères et d’anxiolytiques contenant des benzodiazépines, favorise le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer. Avec 131 millions de boîtes contenant des benzodiazépines ou apparentés vendues en 2012, les Français sont parmi les plus grands consommateurs de somnifères en Europe.

Tranxene, Xanax ou encore Lexomil sont des médicaments bien connus, mais la prise de ces médicaments, à base de benzodiazépines, augmenterait le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer, selon une étude franco-canadienne, publiée sur le site du British Medical Journal. Les benzodiazépines sont présents dans de nombreux anxiolytiques et somnifères.

Pendant six ans, les chercheurs ont étudié 1796 cas d’Alzheimer répertoriés dans un programme d’assurance médicale canadien et les ont comparés à plus de 7000 personnes en bonne santé, de même âge et de même sexe. L’étude montre que la prise de benzodiazépines durant plus de trois mois était associée à un risque accru d’Alzheimer pouvant atteindre de 43 à 51%. Dans 64% des cas, le traitement à base de benzodiazépines était toujours en cours.

Selon les auteurs de l’étude, leurs résultats «renforcent la suspicion d’un lien direct possible» entre prise de benzodiazépines et la maladie d’Alzheimer, même si ce lien doit encore être confirmé. 

Un lien déjà confirmé par une étude française

Ce lien entre les benzodiazépines et la maladie d’Alzheimer n’est pas nouveau. En France, le premier à donner l’alerte est le Pr. Bernard Bégaud, directeur du département de pharmacovigilance à l’université de Bordeaux. Celui-ci a d’ailleurs participé à l’étude canadienne.

Fin 2012, sa dernière étude montrait que les personnes qui prennent des benzodiazépines depuis des années ont un risque augmenté de 50% de développer une démence de type Alzheimer par rapport à celles qui n’en consomment pas. De son côté, l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) affirmait que la consommation de ce médicament « expose à un certain nombre de risques bien identifiés comme des troubles de la mémoire et du comportement ».

Malgré les risques, la consommation de benzodiazépines ne faiblit pas. Selon un l’Ansm, 11,5 millions de Français ont consommé au moins une fois une benzodiazépine en 2012, dont 7 millions pour l’anxiété et 4,2 millions pour des troubles du sommeil. 131 millions de boîtes contenant des benzodiazépines ou apparentés ont ainsi été vendues en 2012. La moitié des patients en prennent depuis plus de deux ans, alors qu’il ne faudrait pas dépasser trois mois pour les anxiolytiques et un mois pour les somnifères.