Le 31 mars marque la fin de la trêve des expulsions locatives et la fermeture de certains centres d’hébergement d’urgence temporaires ouverts pour l’hiver. Faute de possibilités de se maintenir dans leur logement ou d’accéder à un logement pérenne adapté à leurs ressources, ce sont des milliers de personnes qui risquent d’être contraintes de vivre dans la rue dès le 1er avril. Le Collectif des associations unies rapelle qu’en 2012, plus de 115 000 décisions de justice prononçant l’expulsion pour impayés de loyer ont été délivrées. Ce chiffre n’a jamais été aussi élevé et révèle la part croissante des ménages pris en étau entre les coûts du logement et la précarité de leurs ressources.  Loin de répondre à la précarisation de notre société, la politique du logement à des prix abordables reste notoirement insuffisante. En 2013, seulement 117 000 logements sociaux ont été financés, loin des objectifs annuels de production de 150 000 logements sociaux, sachant que l’on est par ailleurs loin d’avoir relogés les 20 000 ménages prioritaires selon la loi DALO (droit au logement opposable) prévus par le gouvernement dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté. Alors que l’on vient de fêter les 7 ans du vote de la loi DALO, plus de 54 000 ménages reconnus prioritaires n’étaient toujours pas relogés au 1er décembre 2013, alors que parmi eux 42 000 avaient déjà dépassé les délais d’attente réglementaires.

Dans ce contexte, le Collectif des Associations Unies réitère sa demande de moratoire temporaire et immédiat des expulsions locatives avec dédommagement des propriétaires. Il appelle également à la mise en place d’une réelle politique de prévention pour anticiper les ruptures en accompagnant les ménages dès les premières difficultés à payer leur loyer. Il demande à ce que l’entrée en vigueur de la loi ALUR soit rapidement accompagnée de moyens conséquents pour la mettre en œuvre.

Le Collectif appelle aussi à la fin de la gestion saisonnière de la grande exclusion et demande à ce qu’aucune personne hébergée dans le cadre des places hivernales ne soit remise à la rue sans solution de relogement ou d’hébergement avec un accompagnement adapté.

Face à la massification de la précarité, les associations demandent au gouvernement de mettre en oeuvre une réelle politique du logement pour les ménages les plus précaires

 

34 associations composent ce collectif parmi lesquelles le Secours Catholique, ATD Quart Monde, Collectif Jeudi noir, Collectif Les Morts de la Rue, Croix-Rouge française, Emmaüs France, Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS), Fondation Abbé Pierre, Fondation de l’Armée du Salut, France Terre d’Asile, Habitat et Humanisme, Les petits frères des Pauvres, Ligue des Droits de l’Homme, Médecins du Monde, Secours Catholique, Union Nationale des Amis et des Familles de Malades Psychiques (UNAFAM), Union Nationale Interfédérale des OEuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux (UNIOPSS)