Les antibiotiques de moins en moins efficaces

L’antibiorésistance gagne du terrain. Selon une étude britannique publiée dans le British Medical Journal, réalisée entre 2001 et 2012, 15% des antibiotiques ne sont pas efficaces pour soigner les infections pour lesquelles ils ont été administrés.

Environ 11 millions de traitements antibiotiques prescrits par des généralistes ont été passés au crible par les chercheurs. Dans 15,2% des cas, les patients n’ont pas été guéris. Ils étaient 13,9% en 1991. Pourtant, entre 2002 et 2012, le nombre d’infections traitées avec ces médicaments est passé de 60% à 65%.

Les auteurs concluent à un lien direct entre l’utilisation croissante des antibiotiques -y compris chez les animaux- et la montée de l’antibiorésistance. Un phénomène à prendre très au sérieux car, demain, de plus en plus d’infections pourraient être récalcitrantes aux traitements. Or, la recherche est en panne et nous ne disposons pas de nouveaux antibiotiques.

« On est au bord du précipice », déclarait à Viva le Pr Antoine Andremont, directeur du laboratoire de bactériologie médicale de l’hôpital Bichat, en septembre 2013 (voir dossier ci-dessous). L’Organisation mondiale de la santé estime que sur près de 10  millions de cas de tuberculose recensés chaque année, 440 000 sont liés à une germe multirésistante. En France, 4000 patients meurent tous les ans victimes de la virulence de certains microbes.

Pour le Pr Craig Currie, co-auteur de l’étude, « Il y a une perception erronée selon laquelle la résistance des bactéries aux antibiotiques n’est un danger que pour les patients hospitalisés. Mais l’utilisation récente d’antibiotiques en soins primaires est le plus important facteur de risque d’infection par un organisme résistant. De plus, ce qui se passe lors des soins primaires par le médecin traitant impacte aussi les soins hospitaliers, et vice-versa. »