A l’occasion de la journée de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a rappelé que ces médicaments éteint indispensables pour soigner les infections graves mais que mal utilisés, ils favorisent le développement de résistances bactériennes et ne sont plus efficaces. Résultat, le risque de ne plus pouvoir soigner des maladies graves augmente.

La France est particulièrement mauvaise élève par rapport à ses voisins européens : en effet, on estime qu’au moins un tiers des prescriptions d’antibiotiques sont inutiles et/ou inappropriées; par ailleurs, 1 000 tonnes d’antibiotiques par an sont consommés par les animaux en médecine vétérinaire contre contre 600 tonnes pour les humains.

Pour favoriser le bon usage des antibiotiques , Marisol Touraine a annoncé le lancement par l’Assurance-maladie, dès le 18 novembre, d’une campagne d’information sur internet à destination du grand public et des professionnels de santé. Un indicateur de suivi de l’exposition aux antibiotiques (ICATB 2) à l’hôpital va être également créé.

En ville, les médecins devront utilisés plus souvent des tests rapides d’orientation diagnostique pour savoir par exemple si une angine est microbienne ou virale. Actuellement, un grand nombre d’infections liées à un virus sont encore traitées par des antibiotiques alors que cela n’est ni nécessaire ni efficace. La durée de prescription des antibiotiques les plus générateurs de résistance devra être réduite.

Par ailleurs, la prescription d’antibiotiques dits « critiques » (à garder pour les maladies graves pour lesquelles ils sont le dernier recours) en médecine vétérinaire et hospitalière sera surveillée. Pour maintenir sur le marché les vieux antibiotiques et inciter au développement de nouveaux, un statut particulier des antibiotiques sur le modèle des médicaments orphelins pourrait être instaurer au niveau européen. Enfin, comme déjà annoncé dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014, la délivrance des antibiotiques à l’unité devrait être expérimentée dans certaines pharmacies.

Un objectif chiffré de réduction de l’utilisation des antibiotiques critiques pour l’homme et l’animal sera annoncé en janvier dans le cadre du projet de loi d’avenir de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt et des guides de bonnes pratiques seront élaborés par les agences sanitaires.

En Europe, 25 000 malades – dont environ 4 000 chez nous – meurent chaque année après avoir été victimes d’une maladie nosocomiale ou de la virulence de certains microbes. Phénomène nouveau : en France, environ 70 000 infections urinaires par an ne peuvent plus être traitées avec des antibiotiques classiques.

 

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