Le vaccin de la grippe H1N1 a entraîné 60 cas de narcolepsie

Une étude française révélée par Le Figaro, fait pour la première fois un lien entre la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 fin 2009 et une soixantaine de cas de narcolepsie en France.

Le lien est pour la première fois avéré en France. Selon une étude publiée fin juillet dans la revue Brain et menée par des chercheurs français, il existe un lien entre les vaccinations massives contre la grippe A qui ont eu lieu en fin d’année 2009 et une soixantaine de cas de narcolepsie. Cette maladie se caractérise par un besoin de sommeil et des endormissements qui peuvent intervenir à tout moment, mais aussi des crises de perte du tonus musculaire qui peuvent entraîner la chute de la personne malade.

Au micro de RTL, Daniel Floret, le président du Comité technique des vaccinations, estime que la prévalence de la maladie dans les mois suivant cette campagne de vaccination est « indiscutable ». Pour mener à bien leur étude, les chercheurs français se sont penchés sur les effets de plusieurs vaccins (contre l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos, et la grippe saisonnière) et pour le Pr. Yves Dauvilliers, neurologue et directeur du laboratoire de sommeil au CHU de Montpellier qui a participé aux recherches, financées par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm), « un seul vaccin a des liens avec la narcolepsie: le H1N1».

Ce n’est pas la première étude qui met en lumière cet effet secondaire. Dès 2010, en Finlande, en Suède, en Irlande et en Grande-Bretagne, d’autres chercheurs avaient révélé le même constat, mais toujours chez des enfants vaccinés contre la grippe H1N1.

Durant l’hiver 2009, 5,7 millions de personnes ont été vaccinées en France contre la grippe H1N1. Parmi elles, 4,1 millions ont bénéficié du vaccin Pandemrix (GlaxoSmithKline) et 1,6 million, généralement les femmes enceintes et les nourrissons, du vaccin Panenza (Sanofi).  « Pour les chercheurs, le Pandemrix serait aussi concerné que le Panenza », rappelle le Figaro.

Les malades français espèrent que ces recherches vont les aider à obtenir une indemnisation. Certains sont reconnus handicapés à 80%. Selon une clause signée par le gouvernement de l’époque, dont Roselyne Bachelot était ministre de la Santé, c’est l’État qui prendrait en charge les indemnisations en cas d’effets indésirables et pas les laboratoires.