Révolution ou évolution ? En tous cas, c’est une première : l’Académie américaine de pédiatrie recommande l’utilisation du dispositif intra-utérin (DIU) aux adolescentes pour leur éviter des grossesses non désirées.

Jusqu’il y a peu, le DIU avait encore mauvaise presse chez les jeunes filles. Pour cause, appelé faussement « stérilet », certains médecins considéraient qu’il pouvait provoquer des infections et rendre les femmes stériles. Ils évitaient donc de le poser chez celles qui n’avaient pas encore eu d’enfants.

Or, ce risque est infime et on sait aujourd’hui que le DIU s’avère une méthode contraceptive très efficace -autant que la pilule- et pratique puisqu’une fois posé, les femmes sont tranquilles pour cinq ans. Finis les oublis de pilule !

Pour autant, les idées reçues ont la vie dure et, en France, de nombreux gynécologues ne le proposent pas aux adolescentes.

La position de l’Académie américaine de pédiatrie, publiée dans la revue Pediatrics, pourrait changer la donne. Selon elle, il serait préférable que les adolescentes adoptent « par ordre d’efficacité décroissante, les implants contraceptifs, les dispositifs intra-utérins et enfin la contraception orale « .

Aux Etats-Unis, 18% des jeunes filles qui utilisent le préservatif masculin comme mode de contraception se retrouvent accidentellement enceintes contre 0,8% de celles qui ont un stérilet.

En France, depuis l’affaire des pilules de 3ème et 4ème génération dont on sait aujourd’hui qu’elles comportent plus d’effets secondaires que les anciennes pilules, l’image de la pilule est quelque peu ternie et d’autres moyens de contraception sont plébiscités comme l’implant et le stérilet. Les ventes de DIU sont passées depuis 2012 de 2% à 5% chez les 20-24 ans et de 8 à 16% chez les 25-29 ans.