Sauf rebondissement et malgré la mobilisation des parents, le service d’oncologie pédiatrique du Dr Nicole Delépine à Garches (Hauts-de-Seine) fermera ses portes le 21 août. Les enfants qui y sont hospitalisés pour un cancer seront transférés à l’hôpital Ambroise Paré à Boulogne.

Un recours en référé avait été déposé le 1er juillet par cette cancérologue pour empêcher cette fermeture après son départ à la retraite, le 19 juillet dernier. Le tribunal de grande instance de Paris l’a rejeté : « L’existence d’une voie de fait (une faute grave de l’administration) n’est pas démontrée », a souligné le juge.

Un traitement au cas par cas

Si la direction des hôpitaux de Paris a décidé de fermer l’unité du Dr Delépine alors que les collègues qui travaillent avec elle depuis 30 ans auraient pu prendre sa relève, c’est que ses méthodes sont contestées.

En effet, le Dr Delépine -qui soigne principalement des enfants atteints de d’ostéosarcomes (cancers des os)- pratique une cancérologie individualisée : les enfants sont traités au cas par cas et ne rentrent pas ni dans des essais cliniques ni dans des protocoles standardisés comme cela se fait systèmatiquement partout ailleurs.

90% de guérison annoncée

Pour ce faire, elle utilise une ancienne molécule, le méthrotrexate, sur le modèle enseigné par un cancérologue américain dans les années 80. Ses résultats annoncent 90% de guérison sans avoir recours à la chimiothérapie. « Ils sont répertoriés et confirmés », précise-t-elle au journal Libération aujourd’hui.

Depuis plusieurs semaines, des parents rassemblés au sein de l’association Ametist et dont les enfants sont suivis par le Dr Delépine se sont mobilisés et mis en grève de la faim pour revendiquer la liberté thérapeutique.

Leurs enfants seront désormais pris en charge par le Pr Bernard Chevalier, chef du pôle pédiatrie de l’hôpital Ambroise Paré. Pourront-ils bénéficier du même traitement que celui du Dr Delépine ? Rien n’est moins sûr malgré l’assurance donnée par l’AP-HP.

Pour faire annuler la fermeture du service, Ametist a saisi le Défenseur des droits et déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris, un autre devrait être déposé auprès de la Cour européenne des droits de l’homme dans les prochains jours.

« Le combat se poursuit plus que jamais. N’oublions pas que l’unique objectif de ces actions est de permettre à des enfants atteints du cancer de poursuivre leur traitement en toute liberté thérapeutique » a déclaré l’association. A suivre…