La réforme des retraites entre en vigueur aujourd’hui, avec pour première conséquence le report de l’âge légal de départ qui passe progressivement (mais très vite) à 62 ans.

Pour mémoire, les salariés nés après le premier juillet 1951 devront travailler quatre mois de plus. Ceux nés en 1952 devront travailler 8 mois de plus, ceux de 1953 un an et ainsi de suite jusqu’aux natifs de 1956 et années suivantes où la norme sera 62 ans (60 ans + 2). Dans le même rythme, l’âge de départ sans décote pour ceux qui n’auront pas tous leurs trimestres passe de 65 à 67 ans.

Parallèlement, la durée de cotisation nécessaire pour partir avec une retraite à taux plein passe de 41 ans à 41 ans et un trimestre en 2013 et, sans doute, à 41 ans et deux trimestres rapidement.

Plusieurs dizaines de milliers de salariés partis à la retraite dans le cadre de plans préretraites d’entreprise ou en utilisant un compte épargne temps (CET) se retrouvent à découvert pour leur fin de carrière désormais prolongée. Ils doivent donc chercher à nouveau du travail, négocier avec leur employeur ou aller s’inscrire à Pôle Emploi.

Par ailleurs, de nombreux salariés en « carrières longues » qui auraient dû partir plus tôt se retrouvent pénalisés. Et 30 000 chômeurs âgés sont touchés par la suppression de l’Allocation équivalent retraite (Aer).

Effet pervers supplémentaire : en modifiant les conditions de départ à la retraite des mères de trois enfants dans la fonction publique – la possibilité de partir après 15 ans de service est supprimée au 1er juillet –, la réforme a accéléré les départs. Car les femmes concernées n’avaient le choix qu’entre partir avant le 1er juillet (avec une petite retraite) ou prolonger leur activité jusqu’à 62 ans…

Dans certains métiers très féminisés, le nombre de départs est tel qu’il pose problème : c’est le cas des infirmières hospitalières et d’aides soignantes – pour la seule Assistance publique- Hôpitaux de Paris, on comptabiliserait 440 départs anticipés ! Ce qui n’est pas rien dans un secteur où les conditions de travail sont très tendues.

Près de 6 000 enseignantes auraient fait le même choix.

Cerise sur le gâteau : ces départs en retraite accélérés par la réforme ne seront – c’est la politique actuelle – remplacés qu’au taux d’une embauche pour deux départs…