«Le nombre de pédiatres est clairement insuffisant»

L’association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) a déposé mercredi dernier une pétition au ministère de la Santé pour revendiquer plus de pédiatres. En effet, 8 sur 10 ont plus de 55 ans. La relève n’est donc pas assurée, pourtant la France ne manque pas de bébés.

Précisions avec le docteur Assathiany, pédiatre en région parisienne.
Pourquoi avez-vous déposé une pétition au ministère de la Santé, mercredi 19 janvier dernier ?

Clairement, pour revendiquer plus de pédiatres. Année après année, le nombre de pédiatres diminue alors que celui des naissances augmente. Car, même avec un numerus clausus récemment augmenté, cela ne couvrira pas les besoins en pédiatres. Huit sur dix d’entre nous a plus de 55 ans et trois sur dix, plus de 60 ans. Il faut agir maintenant pour couvrir le déficit dans cinq ou dix ans. La situation n’est pas meilleure en hôpital où une pénurie est entrain de s’installer. Notre pétition a été signée par 130 000 personnes : personnel soignant, parents… et un contact a été pris au ministère de la Santé. Il est de l’intérêt de tout le monde de trouver des solutions ou au moins d’entamer un dialogue rapidement.

Le métier de pédiatre a-t-il changé ces dernières années ?

Il est différent. Je dirais qu’avec le temps, il se complexifie. La palette des soins est plus étendue. Nous traitons de la médecine foetale, des maladies chroniques comme l’obésité, le diabète en passant par les troubles de l’apprentissage, du langage, sans oublier bien sur la protection des maladies infectieuses. Nous sommes de plus en plus un relais auprès des parents après la naissance mais aussi tout au long de la vie de l’enfant jusqu’à l’adolescence. Car l’enfant n’est pas un adulte en miniature. C’est un être à part entière qui doit être pris en charge par un professionnel de santé formé à ces problématiques.

Beaucoup de pédiatres suivent les enfants de 0 à 2 ans, ensuite le médecin généraliste prend le relais. Etes-vous en concurrence ?

Nous ne sommes pas en concurrence, bien au contraire, nous sommes complémentaires. Eux-aussi ont une démographie peu enviable et même le prix de la consultation est un faux débat car les 3/4 des pédiatres sont en secteur 1.

Nous avons tous vocation à soigner des enfants. Mais le généraliste ne peut pas tout faire. Nous revendiquons de voir les enfants au moins une fois par an pour vérifier le poids, la taille, les vaccins… S’assurer de la bonne évolution du point de vue de la santé, mais aussi au sein de la famille, de l’école… Nous sommes de plus en plus des médiateurs entre l’enfant et sa famille, nous faisons beaucoup de psychologie car malheureusement le nombre de pédopsychiatres est en baisse aussi en France.

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Crédit photo-Fotolia

L’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) www.afpa.org