« Le médicament n’est pas une marchandise… », ont écrit conjointement la revue Prescrire et le British Medical Journal au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en réaction à sa décision de rattacher l’Agence Européenne du Médicament (Ema) à l’industrie.

Un revirement et « un retour en arrière », selon les signataires. En 2009, l’ex-président de la Commission européenne avait, en effet, décidé de rapprocher l’EMA de la direction générale Sanco (santé et consommateurs) plutôt que des industriels.

« Un rattachement réclamé depuis longtemps, meilleur gage d’une priorité donnée à la santé publique et aux patients, plutôt qu’aux intérêts industriels et écononmiques à courte vue », rappellent les auteurs de la lettre.

Ils soulignent également que depuis la création de l’EMA en 1995, « les intérêts industriels y sont en permanence puissamment défendus ». Or, ce ne sont pas forcément les mêmes que ceux des patients : « L’expérience prouve que l’intérêt général de la santé publique et les intérêts particuliers des firmes pharmaceutiques ne coïncident que si ces dernières sont orientées vers les besoins réels et prioritaires de santé, si elles sont obligées d’évaluer suffisamment leurs médicaments et si elles sont contrôlées dans leurs activités marketing. Trop de médicaments mis sur le marché européen ne représentent pas de progrès tangible pour les patients, voire sont de véritables régressions », estiment Bruno Toussaint, directeur de Prescrire et Fiona Godlee, rédactrice en chef du BMJ.

Ils demandent instamment à Jean-Claude Juncker de ne pas mettre met en danger « la protection de la santé des citoyens européens » et de revenir sur sa décision.