Le manifeste des 343 cancéreuses pour « briser la loi du silence »

“Afin que chacun puisse vivre sa vie au-delà du cancer”, Rose Magazine lance le Manifeste des 343 cancéreuses. Tout un symbole. En 1971, 343 “salopes” avaient signé l’appel du Nouvel Observateur pour dire qu’elles avaient eu recours illégalement à l’avortement.

343, c’est aujourd’hui le nombre de femmes atteintes d’un cancer ou l’ayant été qui se mobilisent à travers ce nouveau féminin pour exiger que “le cancer cesse d’être cette maladie infamante, aussi handicapante socialement qu’elle est éprouvante physiquement. Qui réclament des réponses sociales à un problème qui dépasse aujourd’hui le seul aspect médical. Qui veulent, elles aussi aujourd’hui, briser la loi du silence” .

Les signataires demandent notamment :
– le droit de mener une vie sociale normale pendant et après la maladie, d’assurer sa santé à des prix décents, de conserver les mêmes chances de promotion et d’évolution au travail qu’avant la maladie, d’emprunter de l’argent à une banque autrement qu’à des taux prohibitifs.
– la création d’un statut de malade chronique différent de celui d’adulte handicapé.
– des mesures rapides pour aider les mères isolées et en situation professionnelle précaire (aides à domicile pendant les séances de chimio et dans les semaines qui suivent les traitements, etc.).
– un programme cohérent et efficace dédié aux femmes atteintes de cancer “qui soit autre chose que ce bricolage fait d’aides approximatives et inégalement réparties selon les départements”.
– que les hommes bénéficient des mêmes droits que les femmes.

Rose Magazine est un semestriel distribué gratuitement à 300 000 exemplaires dans les lieux de soins. Dans le premier numéro, tous les sujets sont abordés : traitements, vie de famille, travail, aides, chirurgie reconstructive… De nombreux témoignages aussi.

“Le rose est une jolie couleur. Ce n’est pas celle de la douleur. Rose est la couleur de la féminité, mais ne vous y trompez pas, écrit dans son édito Céline Lis-Raoux, directrice de la rédaction, d’abord dans Rose, il y a Ose”. Tout est dit.