Après la décision positive du Tgi, un nouveau cycle commence pour le Gcm : celui de la mise en place du plan de redressement et d’une réflexion sur une gouvernance élargie.

En rendant un jugement favorable à la continuation des activités du Grand Conseil de la mutualité (Gcm) le 7 mai dernier, le tribunal de grande instance de Marseille a mis un terme à la période d’observation judiciaire initiée en novembre 2011. Après dix-huit mois d’incertitudes quant à l’avenir de la structure, c’est donc une page qui se tourne pour le Gcm. « Il va en effet pouvoir continuer à proposer une offre de santé de proximité et dispose à présent de dix ans pour apurer ses dettes «  exposé Sandra Cammilleri-Allais, présidente du Grand Conseil au cours d’une conférence de presse, le 13 mai. A cette occasion Jean-Paul Benoit, président de la Fédération des mutuelles de France, a présenté l’évolution de ce dossier et les perspectives qui s’offrent désormais au Gcm.

« Cette structure avait lentement érodé ses fonds propres par des déficits récurrents jusqu’à la situation de crise majeure que nous avons connue, a rappelé le président. Dans une période difficile, nous nous sommes engagés à préserver les centres de santé et à trouver un repreneur pour la clinique : c’est désormais chose faite. Nous avons défendu l’existant, il nous faut à présent appliquer le plan, nous placer dans une perspective de développement et travailler pour que l’ensemble du mouvement mutualiste se retrouve autour du Grand Conseil et s’y implique ; avec une participation élargie de mutuelles nationales, de nouveaux développements seraient possibles. » Et de pointer que depuis 190 ans, cette structure a vocation à rassembler tous les mutualistes …

De son côté, Sandra Cammilleri-Allais a détaillé les grands axes du plan de redressement que le tribunal a validé. Il repose sur un découpage du département des Bouches-du-Rhône en six territoires qui sont à la base de la réorganisation mise en place ; un projet médico-économique sera formalisé pour chacun d’entre eux. Il intégrera l’évolution de l’offre en fonction des besoins des populations de ces six différents bassins de vie ; et ce, en liaison avec des conseils de territoire composés de mutuelles, d’élus des collectivités territoriales, de partenaires associatifs mais aussi de professionnels de la santé …

Loin de se replier sur une logique purement gestionnaire, le Gcm se place donc dans une perspective d’ouverture, de service rendu, envisage des partenariats et nourrit des ambitions sanitaires pour les populations. « Il est notamment prévu pour les mois à venir une rénovation immobilière pour les centres Paul-Paret, la Feuilleraie, ainsi que la relocalisation des centres dentaires et d’optique de Bonneveine, du centre d’Aix-en-Provence et l’extension du centre dentaire de Gardanne, a poursuivi la présidente. Les équipements des centres seront modernisés afin d’en améliorer l’attractivité, le dispositif de plateforme téléphonique mis en place début 2013 sera déployé sur l’ensemble du département ; enfin, sept centres au total seront labellisés « maisons régionales de santé ». Par ailleurs les effectifs des praticiens spécialistes vont augmenter de 15 % (soit 20 équivalent temps plein) tandis que 10 médecins généralistes devraient être recrutés. ». Depuis décembre 2012, une vingtaine de généralistes ont été embauchés mais des besoins demeurent à Port-Saint-Louis-du-Rhône ou encore Miramas. « Au cours de ces dix-huit mois de turbulences, la fréquentation des centres a chuté de 10 %, une baisse qui a affecté principalement les consultations de généralistes, a indiqué Patrick Verdeau, directeur général du Gcm. Cela dit, on peut aussi le voir autrement et considérer qu’en cette période difficile, le Grand Conseil a tout de même réussi à maintenir 90 % de son activité… C’est de nature à fonder une vraie confiance dans la structure ! »

La présidente pour sa part s’est dite satisfaite d’avoir conduit la mission de redressement qui lui avait été confiée et a conclu en annonçant qu’elle ne renouvellerait pas son mandat au sein du conseil d’administration du Gcm.

« Aujourd’hui l’image du Grand Conseil de la Mutualité est positive, a conclu Jean-Paul Benoit. Ceux qui savent combien il est difficile de gérer ce type de structures ont apprécié le sérieux, le courage et la détermination de ses dirigeants. Il faut à présent veiller à ce que l’activité demeure équilibrée afin que puissent s’ouvrir des perspectives de financement. Enfin, nous avons plusieurs mois devant nous pour travailler tous ensemble à la construction d’une gouvernance solide du Grand Conseil ! »