La vitamine D est à la mode et de plus en plus de personnes sont supplémentées. Or, selon la Haute Autorité de santé (Has), doser systématiquement cette vitamine dans le sang, comme ça arrive souvent aujourd’hui, n’est pas nécessaire.

La vitamine D est une hormone synthétisée dans l’organisme à partir d’un dérivé du cholestérol sous l’action des rayonnements Uvb du soleil et de la lumière. Elle joue un rôle majeur dans la croissance et la minéralisation osseuse.

Le rapport de la Has, fondé sur un état des lieux des études scientifiques sur ce sujet, conclut à « une absence d’utilité du dosage sanguin en vitamine D », dans les cas de grossesse, d’hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires, d’hypercholestérolémie, d’infections, de chute, de troubles fonctionnel et cognitifs, de cancer colorectal, du sein et de la prostate, d’allergie, de maladies auto-immunes, de diabète de type 2, de maladie rénale chronique et de mucoviscidose.

Pour les personnes à risques de fracture, le dosage peut être éventuellement pratiqué mais uniquement chez les personnes âgées et encore, note la Has, son intérêt « est encore trop peu étayé » pour que l’on puisse le recommander.

La Has conseille donc « de réserver le dosage de la vitamine D au diagnostic de rachitisme et d’ostéomalacie, aux autorisations Amm des médicaments de l’ostéoporose et à certaines situations particulières : personnes âgées faisant des chutes répétées, suivi ambulatoire de l’adulte transplanté rénal au-delà de trois mois après transplantation, traitement chirurgical de l’obésité chez l’adulte ».

Les recommandations de la Has viennent porter un coup à une pratique qui explose et qui coûte cher à l’assurance-maladie : depuis 2010, les prescriptions concernant le dosage de la vitamine D ont été multipliées par dix. En 2011, le montant de ces analyses facturé par les laboratoires était évalué à plus de 92 millions d’euros.

Dans trois cas sur quatre, le dosage est demandé par un généraliste et une fois sur vingt par un rhumatologue et dans 80 % des cas, la patiente est une femme.