Le Conseil national du sida (CNS) s’est prononcé le 22 mars favorablement à l’utilisation d’autotests de dépistage du sida, ce que réclamaient depuis longtemps les associations de malades. Ces tests permettent à une personne ayant des doutes sur sa séropositivité de pratiquer elle-même un dépistage à partir d’un simple échantillon de salive ou de sang. Le test révèle la présence d’anticorps spécifiques produits en cas d’infection au VIH. L’organisme consultatif, qui rend cet avis à la demande de la Ministre de la santé, Marisol Touraine, estime que ces tests, qui sont fondés “sur une démarche volontaire”, peuvent “renforcer l’autonomie des personnes dans leur démarche de santé, en particulier dans leur propre intérêt et au titre de l’intérêt collectif qui exige le renforcement du dépistage”. Toutefois, ils ne peuvent « se substituer à l’offre existante car ils proposent un résultat qui doit être confirmé par un test biologique conventionnel”, indique le CNS, qui préconise la vente libre de ces tests, en pharmacie ou sur internet. Ils devront également être proposés directement aux populations à risque et s’accompagner « d’une promotion générale du dépistage ». Pour l’heure, ces tests sont autorisés uniquement aux Etats-Unis. S’ils étaient commercialisés en France, ils permettraient de découvrir 4.000 séropositivités et d’éviter 400 nouvelles infections par an en France, selon le Comité national du sida qui s’appuie sur des projections effectuées pour les Etats-Unis par l’autorité sanitaire de ce pays. On estime que 30.000 à 40.000 personnes en France vivent avec le VIH sans le savoir. L’une des principales associations de lutte contre le sida en France, Aides, a salué cet avis positif et s’est elle-même positionnée pour l’introduction de cet outil « supplémentaire » pour aider à mettre fin à l’épidémie. Selon l’association, un accompagnement devra néanmoins être proposé après la réalisation du test, “que le résultat soit positif ou négatif, pour faciliter le lien vers la confirmation du test et le soin ou vers un soutien préventif”. A lire :