Les femmes exposées au stress mental sont plus susceptibles que les hommes de souffrir de problèmes cardiaques, selon une étude américaine.

Les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant les risques cardiovasculaires que peuvent engendrer des situations stressantes. En effet, une étude américaine, publiée dans le Journal of the American College of Cardiology, montre que les femmes stressées présentent un risque plus élevé de souffrir de problèmes cardiaques.

L’étude s’est basée sur l’évaluation des données collectées auprès de 56 femmes et 254 hommes pris en charge pour des problèmes de coeur. Ils ont subi des analyses sanguines ainsi que plusieurs tests (calcul mental, dessin en miroir, une conversation téléphonique avec un interlocuteur en colère et test d’effort sur un tapis roulant), visant à évaluer leurs réactions physiologiques et cardiovasculaires face au stress.

Selon les auteurs, une femme stressée mentalement a plus de risque de souffrir d’une ischémie myocardique, (il s’agit d’un apport en sang insuffisant au muscle cardiaque), par rapport à un homme. Elle présente également un risque plus important de développer des caillots de sang. Enfin, le stress génère plus d’émotions négatives chez les femmes. L’homme, en revanche, présente une tension artérielle plus élevée quand il est stressé.

Pour Le Dr Zainab Samad, de la Duke University (États-Unis) et co-auteur de la recherche, les résultats de cette étude devraient être pris en compte pour une meilleure prise en charge des patients et surtout des patientes.

En France, une femme sur trois meurt d’une maladie cardiaque

Une mesure que prône en France la Fédération française de cardiologie. Celle-ci a rendu public, le 17 octobre, son livre blanc « Pour un plan cœur », dans lequel un chapitre entier est consacré aux femmes, «ces grandes oubliées des maladies cardiovasculaires». « Les femmes sont mal diagnostiquées à la fois par elles-mêmes et par leur médecin, notamment parce qu’elles ont beaucoup plus souvent des symptômes atypiques », note le rapport.

Et pourtant, les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes ménopausées en France. Elles tuent une femme sur trois. Et provoquent quatre fois plus de décès que le cancer du sein.

Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (Beh) de 2012, le nombre de personnes hospitalisées pour infarctus du myocarde a progressé chez les femmes : + 14,6% d’infarctus pour celles âgées entre 35 et 44 ans et même + 17,9% pour les femmes de 45 à 54 ans.

 « Il est impératif de conseiller aux femmes et aux médecins qui les suivent d’être particulièrement attentifs aux trois phases clés de la vie hormonale : première contraception, grossesse et ménopause…», note le Pr Claire Mounier Vehier, cardiologue et 1ère vice-présidente de la Fédération française de cardiologie (FFC).