Le cancer coûte cher aux malades

Le constat de la Ligue nationale contre le cancer est sans appel : le cancer précarise. Sur 1 700 patients interrogés par l’association, 60 % ont vu leurs revenus baisser. Près de la moitié ont perdu un quart de leur salaire. En cause : la diminution du temps de travail, voire la perte d’emploi, plus fréquente quand il y a une rechute et que la maladie se chronicise ; l’augmentation de la part des dépenses de santé non remboursées par la Sécurité sociale, comme les nombreux dépassements d’honoraires ; les perruques, dont seul le modèle de base est pris en charge ; les crèmes contre les brûlures provoquées par la radiothérapie, les compléments alimentaires souvent nécessaires lors des chimiothérapies, que le patient doit payer ; le difficile accès aux prêts bancaires malgré la convention Aeras (s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), qui permet théoriquement aux patients de s’assurer et d’emprunter ; l’impossibilité financière pour certains d’accéder à une mutuelle… Autre problème : la concentration des centres anticancéreux de référence dans les grandes agglomérations oblige 41 % des patients à faire face à des frais de transport importants. Actuellement, plus de 90 % des traitements se font en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisation, et il n’est pas rare que certains malades aient à parcourir 80 kilomètres pour se faire soigner.

Preuve que ce reste à charge pèse de plus en plus lourd, depuis 2004, les aides versées aux malades par la Ligue ont doublé, 52 % concernant la vie quotidienne. « Il arrive que certains parents hébergés dans une structure proche de l’hôpital où est soigné leur enfant n’aient pas les moyens de payer leur nourriture », souligne la Ligue.