Le nouveau plan, qui démarrera officiellement en 2014, s’articule autour de cinq priorités :

La prévention :

elle s’appuiera sur une information ciblée auprès des jeunes notamment en ce qui concerne l’alcoolisme et le tabagisme, « qui sont des plaies d’autant plus béantes qu’elles arrivent tôt », a souligné le président de la République. L’épidémiologie sera également renforcée en matière de risques environnementaux. Le dépistage sera encouragé : en France, un homme sur trois se soumet au dépistage organisé du cancer colorectal et une femme sur deux à celui du cancer du sein.

Sans en faire « une cause nationale », comme l’aurait souhaité Annie Thébaud-Mony, chercheuse en santé au travail, le plan s’attaquera aussi à la prévention des risques professionnels. Entre 35 et 55 ans, la mortalité par cancer est deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres. Or, « Les risques d’exposition à des substances cancérigènes pourraient être éliminés », prévient Annie Thébaud-Mony qui propose que cette question fasse l’objet de campagnes d’information grand public sur le modèle de celles qui sont réalisées pour inciter au dépistage des cancers du sein et colorectal.

La recherche :

deux objectifs sont visés, à la fois le développement de la médecine personnalisée et une meilleure coordination des structures de soins. La participation des patients qui le souhaitent, à des essais cliniques -qui a augmenté de 60% ces quatre derniers-sera favorisée.

La prise en charge :

avec le vieillissement de la population, la fréquence du cancer augmente mais on en guérit de plus en plus souvent. « Le cancer devient une maladie chronique », a rappelé François Hollande. Reste que la qualité de la prise en charge initiale est déterminante, d’elle dépend, en effet, le pronostic du cancer. L’accent sera mis sur les soins non invasifs (médicaments innovants, imagerie, etc.) et la médecine ambulatoire, hors de l’hôpital, pour laquelle « il faut prévoir un projet de financement » car de plus en plus de patients seront traités à leur domicile.

La formation :

elle est insuffisante, des passerelles entre les divers disciplines médicales seront donc créées. Les généralistes, dont le rôle est central dans le suivi des patients, seront davantage former au cancer. Les patients et leur famille seront sollicités pour apporter leur expertise de la maladie.

La vie pendant et après le cancer :

pour assurer « la continuité de la vie », comme le demande la Ligue nationale contre le cancer, et notamment la vie professionnelle, une campagne d’information sera lancée sur la reprise du travail après un cancer. Cette mesure faisait déjà partie du précédent Plan-Cancer, « il est plus que temps de l’appliquer », a souligné François Hollande. En effet, si 67% des patients ont retrouvé leur emploi deux ans après le diagnostic du cancer, ce chiffre cache des disparités : seuls 45% des agriculteurs, par exemple, retravaillent. De même, les hommes reprennent leur activité en général dans les 6 mois qui suivent le diagnostic contre 18 mois pour les femmes. Plus l’emploi est précaire, plus les traitements sont longs et plus les patients rencontrent des difficultés professionnelles, certains perdent carrément leur poste.

Le plan prévoit également que la convention Aeras (S’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), instituée pour permettre aux personnes malades de pouvoir avoir recours à un prêt bancaire sans être discriminées, soit améliorée. Les banquiers et les assureurs devront notamment tenir compte des progrès thérapeutiques qui font qu’aujourd’hui il est possible de vivre normalement même quand on a eu un cancer. Une commission scientifique donnera les résultats de ses investigations sur ce thème début 2013. « Il convient de respecter la dignité des malades, a déclaré François Hollande. Ce ne sont pas des convalescents en sursis mais bien des citoyens valides et actifs ».

Des mesures seront prises également pour que les enfants touchés par le cancer puissent avoir un accompagnement scolaire personnalisé durant leur maladie afin de favoriser « le retour sur les bancs de l’école de ceux qui en ont été exclu un moment ».

Voir également : « rapport sur les inégalités de santé » téléchargeable sur le site de l’Inca : www.e-cancer.fr