Le 24 octobre*, la Mutuelle de France Roanne propose une conférence intitulée « Du stress au travail à la dépression », animée par le Dr Geneviève Cottin, psychiatre.

La souffrance au travail constitue sans doute l’une des expériences les plus communément partagées en cette période de récession économique et de chômage élevé. Pour ceux qui ont la « chance » d’avoir un emploi, surcharge de travail, manque de reconnaissance, disparition de l’esprit de groupe, injustices, sont autant de raisons d’avoir « mal à son boulot ».
Une souffrance ressentie par un nombre croissant de salariés au sein des entreprises, qui se vit au quotidien, mais s’exprime rarement. Pourtant, elle peut indéniablement rendre malade. Fabienne, cinquante-trois ans, en témoigne : « Je travaillais dans la grande distribution. Et je subissais des pressions constantes de ma direction, j’en faisais toujours plus et ça n’allait jamais. Je pleurais souvent le soir en rentrant chez moi. » Fabienne a longtemps tu son mal-être en se raisonnant, en se disant qu’elle avait « de la chance d’avoir un travail ». Jusqu’au moment où elle a craqué et fait un burn-out…

Des récits de la sorte, le Dr Geneviève Cottin en entend fréquemment dans sa consultation de Dole (Jura). Elle a donc décidé d’aborder ce sujet lors d’une conférence-débat intitulée « Du stress au travail à la dépression ». « Généralistes et spécialistes font le même constat : la souffrance au travail se ­développe, et il est important pour nous de repérer à quel moment fatigue, lassitude et ras-le-bol vont céder la place à une dépression avec des signes cliniques avérés », explique-t-elle. Cha­que histoire est singulière et nécessite une prise en charge adaptée, mais dans sa conférence, Geneviève Cottin insistera sur l’importance du rôle de l’entourage, qui peut décrypter les premiers signes…

De son côté, Dominique Lebeau, président de la Mutuelle de France Roanne, ne pouvait rester indifférent à cette problématique. « A Roanne, nous n’avons pas été épargnés : il y a eu la fermeture de l’arsenal, le textile sinistré depuis les années 1970, et une grosse pression s’est exercée sur les salariés qui sont restés… A l’hôpital, la gestion de la pénurie de crédit se fait sur le dos du personnel. Souvent, c’est en bas de l’échelle que l’on sent les effets de la conjoncture économique. Sans parler de la stigmatisation des syndiqués, des salariés qui se retrouvent en procédure disciplinaire parce qu’ils défendent leurs camarades. Il faut donc se battre ! »

Le Dr Cottin, qui est également investie dans le mouvement mutualiste en tant que secrétaire de la Mutuelle générale de Belfort, confirme : « Effectivement, il ne faut pas banaliser cette souffrance, ni la garder pour soi. Au contraire, il faut exprimer ce qui ne va pas, sortir de l’isolement, en parler à ses supérieurs, au médecin du travail, aux syndicats, consulter un psy. Il existe aussi des structures, comme les prud’hommes, pour régler d’éventuels différends… »
Quant à Michel Mahy, coordinateur du comité d’animation mutualiste (Cam), qui a participé à l’organisation de ce débat, il ajoute : « Au-delà des salariés, c’est la sphère familiale qui est affectée par ce mal-être. Il nous fallait donc agir : d’où l’idée de ce débat, car la mutualité a un rôle à jouer dans la prévention de la souffrance humaine ! »

Rendez-vous est donc pris pour le 24 octobre : la conférence, qui se déroulera dans le cadre d’une université populaire, sera l’occasion, pour ceux que la vie professionnelle a malmenés, de s’y exprimer et d’en débattre…

* A partir de 17 h 30, salle espace des congrès, place de l’Hôtel-de-Ville à Roanne.