La santé des Français « globalement bonne » mais il reste du chemin à faire

« L’état de santé en France apparaît globalement bon », d’après le rapport 2009-2010 de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). L’espérance de vie à la naissance ne cesse de progresser, s’établissant à 84,5 ans pour les femmes et à 77,8 ans pour les hommes, et l’espérance de vie à 65 ans est la plus élevée d’Europe.

Pour autant, de nombreux progrès restent à faire. Et notamment chez les femmes. Elles vivent certes plus longtemps, mais « avec des incapacités » et ont davantage recours aux soins que les hommes. Le tabagisme fait également des ravages, puisque les décès par tumeurs malignes du larynx, de la trachée, des bronches et du poumon ont augmenté de 50 % chez les femmes de moins de 65 ans depuis 2000.

Au niveau de la mortalité prématurée (avant 65 ans), la France est en moins bonne posture que les autres pays européens de niveau de vie comparable. D’après le rapport, les décès avant 65 ans représentent 20 % de l’ensemble des décès, et 70 % concernent des hommes. Un tiers pourraient pourtant être évités par des actes de prévention, puisque liés aux accidents de la route, au sida ou à l’alcool. Enfin, avec 10 500 cas en France en 2006, le suicide « reste une cause de mortalité préoccupante ».

L’obésité a doublé chez les 18-24 ans

Le diabète préoccupe également, puisqu’il augmente et touchait en 2007 4 % des Français, soit 2,5 millions de personnes. En cause : le changement des comportements alimentaires et la sédentarité. Quant à l’asthme, le nombre d’enfants hospitalisés pour cette affection a augmenté de 10 % chez les garçons et de 15 % chez les filles entre 2002 et 2007. Environ 9 % des enfants seraient asthmatiques en France.

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) seraient la première cause de handicap fonctionnel chez l’adulte et la deuxième cause de démence. En 2006, ils représentaient 6,3% de l’ensemble des décès. « Réduire leur fréquence et leur sévérité constitue l’un des objectifs de la loi de santé publique », précise le rapport de la Drees.

Si l’obésité est stable chez les enfants, et même en recul chez les 5-6 ans (elle concerne 3,7 % des 10-11 ans et 3,1 % des 5-6 ans), elle a doublé chez les 18-24 ans entre 1997 et 2009. Elle concerne 13,9 % des hommes de plus de 18 ans et 15,1 % des femmes en 2009. Le surpoids touche, lui, deux hommes sur cinq et une femme sur quatre.

Tous ces chiffres sont des moyennes et cachent des disparités importantes selon les catégories sociales. Ainsi, l’écart d’espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers est de 7 ans pour les hommes et 3 pour les femmes.

En CM2, l’obésité touche dix fois plus les enfants d’ouvriers que les enfants de cadres. Enfin, et malgré l’existence de dispositifs comme la Couverture maladie universelle (Cmu) ou les permanences d’accès aux soins de santé (Pass), 15 % des adultes déclaraient en 2008 avoir renoncé à des soins pour raisons financières.