Des chercheurs français vont tester l’efficacité d’un antiviral en Guinée, tandis qu’une équipe du Cea a créé un test de diagnostic rapide.

Il a la forme d’un ticket de métro et fonctionne sur le même principe qu’un test de grossesse. Le test élaboré par des chercheurs français du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (Cea) devrait bientôt permettre de diagnostiquer des cas d’Ebola en moins de quinze minutes, alors qu’actuellement, avec les tests utilisés par les équipes médicales, il faut attendre en moyenne 6 à 7 heures avant d’obtenir les résultats.

Pouvoir identifier rapidement les personnes malades sur le terrain est en effet un enjeu majeur pour limiter au maximum la propagation de la maladie et prendre en charge précocément ces patients.

Pour cela, il suffit de déposer une goutte de sang, d’urine ou de plasma du patient présentant des symptômes de la maladie sur une bandelette. Les résultats sont faciles à lire : comme pour un test de grossesse, si une seule bande rouge se révèle, le test est négatif; si deux bandes apparaissent, cela signifie que le patient est infecté par le virus Ebola.

Ce test rapide va prochainement être testé sur les populations touchées en Afrique.

Un antiviral testé en Guinée

De même, un essai clinique va prochainement être mis en place en Guinée, où sévit l’épidémie. Le Favipiravir, un antiviral japonais, aussi appelé Avigan, sera administré à 60 patients dans les 48 heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes de la maladie. L’idée est d’agir le plus tôt possible pour contrer l’évolution du virus.

Cet antiviral japonais s’est montré efficace chez la souris, mais aussi chez l’homme. C’est en partie avec cette molécule qu’a été soignée l’infirmière française fin septembre. L’objectif des chercheurs est d’évaluer l’impact de ce traitement dans la réduction de la mortalité.

Si l’essai clinique est concluant, les chercheurs prévoient de le développer dès le mois de février 2015.

En parallèle, le laboratoire P4 Jean Mérieux à Lyon poursuivra des tests sur des singes pour déterminer les doses, la voie et la fréquence d’administration optimales.