La protection sociale, un rempart contre l’austérité

Les discussions ont largement porté sur la situation de notre système de protection sociale et les évolutions espérées par le mouvement mutualiste. Dans son rapport d’introduction, Jean-Pierre Médard, président de l’Umcpg, a rappelé le « contexte politique renouvelé » après les élections présidentielle et législatives. Les électeurs « ont souhaité mettre un terme aux reculs sociaux sans précédent, avec ce que cela a engendré pendant ces dix dernières années comme souffrances pour les populations les plus défavorisées ».

La liste de ces reculs sociaux est longue : forfait de 1 euro à chaque consultation, augmentation du forfait journalier hospitalier, franchises et déremboursements sur les médicaments, financement du fonds Cmu entièrement assuré par les organismes complémentaires, loi Hpst (« Hôpital, patients, santé et territoires »), taxe pour la grippe H1N1 et taxe de 3,5 % sur les contrats solidaires (Tsca) passée ensuite à 7 %… Avec, en sus, la « réforme » des retraites et la création – abrogée depuis – de la Tva « sociale ».

Pour une vraie réforme du financement de la Sécu

Pour autant, les Mutuelles de France, rappelle le président de l’Umcpg, n’ont pas donné de blanc-seing au nouveau gouvernement. Elles ont réaffirmé leur volonté « d’une véritable réforme du financement de la protection sociale, ainsi que la suppression des taxes sur les contrats d’assurance ».

Pour Jean-Pierre Médard, la politique d’austérité, qui va s’élargir encore avec le nouveau traité européen, va avoir des conséquences fortes sur la protection sociale. Or, nous avons « besoin d’une sécurité sociale renforcée dans son périmètre et ses prises en charge » pour un meilleur accès aux soins. Cela passe par des positions fermes de la mutualité auprès du gouvernement, notamment concernant « l’abrogation de la Tsca dans sa totalité, mais également de toutes taxes qui pèsent sur la santé, et, bien entendu, par une réforme du financement de la protection sociale ».

Ce dernier point est crucial pour les mutualistes cheminots : le débat doit porter sur « des cotisations employeurs assises sur toute la valeur ajoutée, la suppression des niches sociales, une fiscalité sur les sociétés qui fasse contribuer de façon équitable les entreprises ».

Quel rôle pour l’Union ?

« Sommes-nous toujours un mouvement social ou sommes-nous devenus une organisation institutionnelle ? » Avec cette question, Jean-Pierre Médard a également abordé les problématiques propres au mouvement mutualiste et notamment sa différenciation avec les autres acteurs de la complémentaire (les assureurs).

La différence, c’est déjà sa présence sur le terrain, au sein de l’entreprise et au plus près des mutualistes et des partenaires. « Renouvellement des instances, investissement et formation des élus, stratégie pour le rajeunissement de nos délégués », autant de défis à relever dans un contexte mouvant à l’intérieur de l’entreprise.

La différence, ce peut être aussi dans le rôle donné à l’Umcpg comme « lieu d’échanges et de réflexion pour des actions partagées », pour engager « des pistes de travail en commun et non dans une logique de concurrence comme nous le sommes aujourd’hui ».

Et cette cohérence de la mutualité cheminote doit aller plus loin, estime le président de l’Union, pour lequel le projet d’adhésion de la Mutuelle générale des cheminots (Mgc) à l’Umcpg est « un acte fort qu’il nous faut voir comme une volonté partagée des mutuelles de cheminots de se retrouver pour mener à bien une stratégie commune dans cet environnement en pleine mutation ». Et aussi pour élargir le rôle de représentation de l’Union auprès des partenaires de l’entreprise et à l’extérieur, et pour mieux défendre le statut des cheminots.

Sur ce dernier point, il n’a pas été suivi. Si l’assemblée générale a approuvé très largement le rapport et voté majoritairement les différentes questions, les délégués n’ont cependant pas accordé les deux tiers des voix nécessaires aux modifications statutaires ouvrant la voie de l’adhésion à la Mgc.