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Sécurité sociale

La protection sociale en France a joué un rôle d'amortisseur de la crise

La Drees vient de remettre son rapport sur la protection sociale en France et en Europe en 2011. Le constat est amer :

En 2009, en Europe, les dépenses de protection sociale ont réagi à la crise avec plus ou moins d'ampleur selon les pays. Les systèmes publics, et parmi eux ceux de protection sociale, ont joué leur rôle tradititionnel d'amortisseur de la crise : les dépenses de protection sociale ont continué d'augmenter, fortement pour certaines d'entre elles, alors que leurs ressources se contractaient. Elles ont ainsi contribué au soutien de l'activité. Cette stabilisation automatique opérée par la protection sociale s'est ensuite affaiblie dans de nombreux pays et est devenue quasi-inexistante en Europe en 2012, en raison de la durabilité de la crise et de la réduction des dépenses sociales de certains pays pour équilibrer leur budget. C 'est particulièrement le cas en Grèce, en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas. La Commission européenne conclut que « la crise économique et les mesures d'assainissement budgétaire nécessaires pour combler les déficits publics ont pu aggraver la pauvreté monétaire et les inégalités ».

En 2010, la part des prestations de protection sociale dans le Pib s'élève à 28,2 % dans l'Union européenne des 27. Cette part varie quasiment du simple au double entre les Etats membres. Les pays les plus riches consacrent une plus grande place à la protection sociale à l'inverse des nouveaux entrants (Roumanie, Bulgarie, Estonie...). Plus un pays est riche, plus il dépense pour sa protection sociale.

Avec 32 % du Pib, la France, seconde pour les prestations de protection sociale

En France, il n'y a pas eu d'affaiblissement marqué de ce rôle d'amortisseur, même si l'on constate, depuis 2010, un infléchissement de la croissance des dépenses de protection sociale.

La France se situe en seconde position pour ses dépenses de protection sociale derrière le Danemark et devant les Pays-Bas, la Suède et la Finlande.

Mais au cours de la dernière décennie, les dépenses ont connu un ralentissement notable. Les prestations sociales ont progressé de 4,4 % en moyenne annuelle entre 2000 et 2011 après avoir enregistré une évolution moyenne de 6,4 % sur la précédente décennie. En 2009, cependant, l'année est marquée par une forte hausse des dépenses consacrées au chômage et aux minimas sociaux. La protection sociale a, cette année-là, joué pleinement son rôle de stabilisateur économique.

 

Les Français refusent une baisse des prestations

En 2012, selon le Baromètre d'opinion de la Drees, près de trois Français sur quatre ont le sentiment que la société est plutôt injuste. Les Français continuent ainsi à juger très important le rôle joué par la protection sociale et un Français sur deux pense qu'il n'y a pas assez d'interventions de l'Etat en matière économique et sociale. Ils sont néanmoins préoccupés par le financement de la protection sociale. L'opinion selon laquelle ce financement  alourdirait la dette et va être un frein pour sortir de la crise a augmenté de six points en trois ans. Mais seuls 30 % de Français accepteraient une baisse de leurs prestations pour limiter leurs cotisations et ce, quelle que soit la branche concernée (maladie, retraites, famille, chômage). Une proportion légèrement supérieure (autour de 45 %) serait prête à cotiser davantage pour la retraite et l'assurance-maladie, dans l'objectif de maintenir le niveau des prestations. Cet avis a augmenté de dix points depuis 2008.

Enfin, l'attachement des Français à l'universalité des prestations semble dépendre du risque considéré. Ainsi 4 Français sur 5 souhaitent que l'assurance-maladie bénéficie à tous sans distinction, une opinion stable sur les dix dernières années. Pour les autres prestations (retraite, chômage et famille), ils sont plus nombreux qu'auparavant à désirer un système de protection sociale plus ciblé.

 
 

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