La privation de chauffage aggrave l’état de santé des ménages précaires

Les dépenses énergétiques explosent en cet hiver et les foyers les plus modestes ont de plus en plus de mal à payer la facture. Et pour cause, le coût du chauffage dans les charges de copropriétés a augmenté de 11,5% entre 2011 et 2012. C’est le poste qui a connu la plus forte augmentation. Conséquence : les ménages modestes chauffent peu ou pas ce qui entraîne des répercussions notoires sur leur santé.

« On voit apparaitre des problèmes respiratoires chroniques, ostéo-articulaires, neurologiques ou de type dépression, explique dans le journal L’Humanité, Véronique Stella, de la Fondation Abbé Pierre qui a réalisé une étude sur le sujet. L’étude des pathologies aiguës montre une plus grande sensibilité aux pathologies hivernales, comme les rhumes et les angines, la grippe ou les gastroentérites, avec des symptômes plus fréquents (sifflements respiratoires, crises d’asthme, nez qui coule ou irritations oculaires). Enfin, les personnes exposées à la précarité énergétique ont une perception de leur santé moins bonne que les personnes qui n’y sont pas exposées. Elles sont aussi plus nombreuses à vivre sous le seuil de pauvreté, et à avoir des logements plus anciens, moins ventilés et isolés.

Pour la Fondation il s’agit d’évaluer le surcoût qu’engendre la précarité énergétique dans le domaine des dépenses de santé et de le mettre en regard des investissements nécessaires pour améliorer la qualité du logement.

L’étude donne l’exemple de la Grande-Bretagne où des travaux de recherche ont été menés dans ce domaine et ont montré qu’un euro investi dans la rénovation thermique permet d’économiser 0,42 € sur les dépenses de santé.

D’après la Fondation, la France compte près de 4 millions de logements passoires thermiques dans lesquels vivent surtout des ménages modestes.