La seconde étude de survie réalisée à partir des données des registres des cancers du réseau Francim, en collaboration avec l’Institut national de veille sanitaire (Invs), l’Institut national du cancer (Inca) et les Hospices civils de Lyon met en lumière une amélioration depuis quinze ans de la survie des patients atteints de cancer.
Cette étude porte sur 427 000 personnes âgées de plus de 15 ans atteintes de cancer en France, diagnostiquées entre 1989 et 2007. Quarante-sept localisations de cancer (sein, langue, larynx, os, vessie, ovaires, rein, testicules,..etc ) ont été étudiées. Sur le plan méthodologique, c’est le concept de survie nette, excluant les autres causes de décès, qui a été retenu parce qu’il reflète la qualité de la prise en charge française.
Des progrès thérapeutiques et de diagnostic précoce
Première constatation : l’étude observe une amélioration de la survie des patients pour la plupart des cancers étudiés entre 1989 et 2004, notamment grâce aux progrès thérapeutiques et à la précocité du diagnostic. C’est le cas notamment pour le cancer de la prostate (71000 nouveaux cas diagnostiqués en 2011). Sa survie à 5 ans est passée de 70% pour les cas diagnostiqués en 1990 à 90 % pour ceux diagnostiqués en 2002.
« L’amélioration de la survie de ce cancer est due à la fois à une augmentation de la durée d’observation de la maladie du fait du dépistage individuel par le dosage des PSA et aux bénéfices d’une prise en charge plus précoce », font remarquer les auteurs du rapport, en précisant qu’un«  mécanisme analogue, associé en partie aux progrès thérapeutiques explique l’amélioration du pronostic pour d’autres cancers comme les cancers du sein, de la thyroïde, du rein, du colon et du rectum ».
Ainsi, la survie à 5 ans du cancer du sein est passée de 81 % pour les cas diagnostiqués en 1990 à 89 % pour ceux diagnostiqués en 2002. Idem pour le cancer de la thyroïde avec une évolution de 86 % à 94 %.
La survie varie en fonction de la localisation des tumeurs
Toutefois l’étude pointe du doigt d’énormes variations en fonction de la localisation des tumeurs : la survie à 10 ans varie ainsi de 1% pour le mésothéliome pleural à 93% pour le cancer du testicule.
De même, malgré les progrès thérapeutiques, certains cancers restent de mauvais pronostic (survie nette à 10 ans inférieure à 33 %). C’est le cas de ceux associés à l’alcool et au tabac, comme le cancer du poumon ou ceux des voies aérodigestives supérieures.
On observe également une variation des taux de survie en fonction du sexe : les femmes ont une incidence plus élevée (52% contre 28% chez l’homme) de certains cancers de bon pronostic (survie nette à 10 ans supérieure ou égale à 66 %) notamment pour le cancer du sein et celui de la thyroïde.
Paradoxalement, alors qu’il bénéficie d’un dépistage permettant le diagnostic de lésions pré-cancéreuses (le frottis recommandé à toutes les femmes) le cancer invasif du col de l’utérus a vu sa survie passer de 68 % à 64 % entre 1990 et 2002. « Les cancers diagnostiqués au stade invasif sont en effet moins nombreux mais comportent une proportion plus importante de cancers de mauvais pronostic », souligne l’étude.