Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse dans le monde a peu diminué et la moitié se fait toujours dans l’illégalité. Pourtant le nombre de décès faisant suite à un avortement a baissé au cours des deux dernières décennies.

Aujourd’hui, avec la diffusion de la contraception dans les pays en développement, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (Ivg) s’est stabilisé autour de 28 ‰ en 2008, (contre 35 ‰ dans les années 1990), d’après la dernière étude de Population et sociétés, publiée par l’Institut national d’études démographiques.

Près de la moitié des avortements (49 %) sont encore non-sécurisés, c’est-à-dire « pratiqués par des personnes non qualifiées ou dans un environnement non conforme aux normes médicales minimales, ou les deux », selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms).

La part d’avortements réalisés dans l’insécurité est la plus forte en Afrique (97 %) et en Amérique Latine (95 %). Elle l’est moins dans les pays en développement de l’Asie (37 %) et dans les pays développés en Europe (9 %), Océanie (15 %), ou Amérique du Nord (moins de 0,5 %).

L’avortement non sécurisé reste fréquent dans le monde, mais il est moins souvent fatal

Malgré cette hausse des avortements non sécurisés, le taux de décès liés aux complications baisse, passant de 60 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 40 en 2008, indique l’étude, dans les pays en développement, notamment en Europe de l’Est, puis en Amérique latine, suivie par l’Asie et l’Afrique au sud du Sahara.

« Ces évolutions s’expliquent par une amélioration générale de la prise en charge des problèmes de santé maternelle », écrit l’auteur de l’étude Clémentine Rossier.

Les progrès en Asie (20 décès pour 100 000 naissances) sont dus à une moindre clandestinité des Ivg (un tiers est concerné) contrairement à l’Afrique et à l’Amérique latine, où plus de 95 % d’entre elles sont clandestines.