La malnutrition touche essentiellement les enfants de moins de 5 ans. Divers aliments ont été conçus pour tenter de les soigner.

La situation dans la Corne de l’Afrique ne cesse de se dégrader. L’Onu a décrété que la famine s’étendait à trois nouvelles régions de Somalie, ce qui porte à cinq le nombre de zones touchées. Selon les Nations unies, 11,5 millions de personnes sont menacées dans la Corne de l’Afrique, 564.000 seraient en danger de mort. Même si toutes les organisations humanitaires ne s’accordent pas sur les chiffres, elles s’entendent sur la gravité de la crise.

Stéphanie Savariaud, du Programme alimentaire mondial, basée à Nairobi, au Kenya, explique que sur les 400 000 tonnes de nourriture nécessaires pour aider ces populations les six prochains mois, seule la moitié est pourvue, ce qui correspond à 250 millions de dollars.

Depuis le début de la crise alimentaire, les images d’enfants rachitiques le ventre gonflé se sont multipliées sur les écrans, les journaux … Malgré les nombreuses difficultés politiques, les organisations internationales apportent des vivres et soignent ces gamins mal nourris.

Qui sont les victimes de malnutrition ?

Les enfants de moins de 5 ans sont les premiers touchés, ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes. Les adultes peuvent être victimes de malnutrition mais sont généralement plus résistants.

Cette maladie se déclare quand le corps n’obtient pas de nutriments en quantité suffisante.

Comment les diagnostiquer?

Les enfants sont pesés et mesurés. Ils souffrent de malnutrition modérée lorsque le rapport entre leur poids et leur taille est compris entre 70 et 80 % du ratio normal. S’il est inférieur à 70 %, il s’agit d’une malnutrition aiguë.

Un bracelet appelé Muac est utilisé pour mesurer le tour du bras des enfants. S’il est inférieur à 11,5 cm, alors l’enfant souffre d’une malnutrition dite aiguë sévère, mais sans complication. S’il a des œdèmes, des infections respiratoires aiguës, une diarrhée sévère ou encore s’il n’a plus d’appétit et présente des signes de choc, alors il souffre de malnutrition dite aiguë sévère avec complications. Ainsi, la malnutrition sévère aiguë se décline sous deux formes cliniques : marasme (enfants rachitiques) et kwashiokor (œdèmes nutritionnels).

Quelles sont les conséquences ?

Un enfant victime de malnutrition est exposé à des retards de croissance physique et moteur, mais aussi à une augmentation du risque de mortalité, à une diminution des défenses immunitaires et des capacités cognitive et d’apprentissage.

Les enfants conçus par une maman en sous-nutrition peuvent se retrouver handicapés à vie. Des cas de diabètes peuvent apparaître. « Des conséquences dramatiques qui peuvent affecter toute une génération », alerte-t-on à Action contre la faim.

Comment les soigner ?

Les enfants victimes de malnutrition sévère avec complications sont pris en charge dans les hôpitaux et les centres de traitement présents dans les pays touchés. Il ne s’agit pas de nourrir l’enfant, mais de lui administrer un maximum d’éléments nutritionnels dans un minimum de volume.

Lors de la première phase, qui dure entre 3 et 5 jours, les médecins leur administrent du lait thérapeutique appelé f-75, pauvre en protéines, graisses et sodium, mais riche en glucides. Ce lait en poudre se dilue avec de l’eau et se prend toutes les deux heures environ. En fonction de son état physique, l’enfant le boit dans un bol ou le reçoit grâce à une sonde naso-œsophagienne. Ce lait n’est pas destiné à lui faire prendre du poids, mais à stabiliser sa situation.

Dans la seconde phase, dite phase de reconstitution nutritionnelle, l’enfant prend du f-100, un lait thérapeutique riche en vitamines et en protéines. Tout comme le f-75, il doit être utilisé en milieu médicalisé. Mais selon l’état de santé de l’enfant, il est possible de le renvoyer chez lui et de remplacer le f-100 par du Plumpy’nut, distribué par le Pam.

Ce sachet jugé « révolutionnaire » par Noel Zagre, le conseiller en nutrition de l’Unicef pour l’Afrique de l’Est, correspond au f-100 mais est composé de pâte d’arachide, de lait, de sucre et de vitamines. Il n’y a pas d’eau à ajouter, contrairement au f-75 et au f-100, qui eux sont distribués par l’Unicef. Le Plumpy’nut peut être administré dès que la phase un est terminée.

Les enfants de plus 6 ans victimes de malnutrition modérée reçoivent du Plumpy’Sup. Tout comme le Plumpy’nut, il peut être pris à domicile et est, notamment, composé de pâtes d’arachide, de sucre et de soja. Il ne nécessite pas d’être dilué et peut être consommé directement à partir du sachet.

Les femmes enceintes ou allaitantes sont également prises en charge. Elles reçoivent de la farine enrichie qui peut être transformée en bouillie et des micro-nutriments.

Pour donner, vous pouvez vous rendre sur les sites d’Action contre la faim, de la Croix Rouge, de Médecins sans frontières, du Programme alimentaire mondial ou encore de l’Unicef.

Photo : TKnoxB
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