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Femmes

La Maison des femmes lance sa campagne de financement

Créée en 2016, la Maison des Femmes de Saint-Denis connaît un succès grandissant. 15 000 consultations ont déjà été réalisées et des projets similaires pourraient bientôt voir le jour en France. Afin de les soutenir, et pour pouvoir s'agrandir, l'association espère récolter 150 000 euros.

« Pérenniser la Maison des Femmes et essaimer partout en France. » Son projet, Ghada Hatem le voit en grand. La gynécologue-obstétricienne à la tête de la Maison des Femmes de Saint-Denis qui a ouvert en 2016 a pour ambition d'ouvrir assez de locaux d'ici 5 ans pour accueillir les 250 000 femmes victimes de violences chaque année sur le territoire. Lundi 5 février, à la veille de la Journée mondiale contre l'excision, elle a annoncé, conjointement avec la chanteuse Inna Modja, marraine de l'association, le lancement d'une campagne de financement participatif. Le but : recueillir 150 000 euros, avec un mot d'ordre, #Soyonsdeshéroïnes.

Apporter des solutions concrètes face aux violences

Depuis sa création, il y a 18 mois, la Maison des Femmes a réalisé plus de 15 000 consultations, à raison de 35 à 50 par jour. « Nous avons créé la Maison des Femmes pour répondre à la problématique des violences faites aux femmes, une question qui n'intéressait pas grand monde, raconte Ghada Hatem. On s'intéresse au cancer, même à l'endométriose, mais pas aux violences. L'on sait pourtant à quel point elles sont nocives pour la santé physique et psychique des femmes, pour la santé de leurs enfants. Pour nous, c'est un problème de santé publique et nous leur offrons une réponse de santé. »

Adossée à un hôpital, la Maison des femmes travaille en lien avec les médecins. « C'est l'idée qui fait la différence, assure la gynécologue-obstétricienne. Pour les soins, les avortements chirurgicaux, les reconstructions, nous pouvons les orienter rapidement vers les services concernés. De la même manière, les docteurs qui reçoivent des femmes pour des blessures et chutes suspectes nous les adresse. »

Et peu à peu, l'association, qui s'articulait autour de trois pôles principaux (planning familial, violences, mutilations sexuelles), a vu ses préogatives augmenter jusqu'à devenir un espace de prise en charge globale. Des assistantes sociales, des juristes, des sages-femmes,  des ostéopathes et un médecin légiste sont venus grossir les rangs de l'association qui compte aujourd'hui pas moins de 25 professionnels permanents ou non. 

C'est d'ailleurs pour cette approche globale que l'association se fait de plus en plus connaître. Son travail pour accompagner et soigner les victimes de mutilations sexuelles telles que l'excision, attire des femmes venues de toute l'Hexagone. « Il y a une vraie demande en France et nous espérons qu'avec ce projet, nous pourrons y répondre », explique Inna Modja, chanteuse et marraine, qui participera à un concert pour soutenir l'association, le 3 mai prochain. De fait, on estime aujourd'hui que 60 000 femmes sont excisées en France.

Un soutien du gouvernement

Un nécessaire combat à mener, pour Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes, venue assister au lancement de la campagne. « Le gouvernement s'est engagé à lutter contre les violences faites aux femmes en France et ailleurs dans le monde. L'Etat est à vos côtés. Nous soutenons le travail que vous menez », a-t-elle déclaré.

Avec les 150 000 euros qu'espère récolter la Maison des Femmes, l'association devrait pouvoir pérenniser son action, agrandir ses locaux et soutenir les projets similaires qui sont en gestation ailleurs en France. A Bordeaux, une association, inspirée par le travail de la Maison des femmes, est en discussion avec la mairie pour trouver un bâtiment adapté. A Marseille, un projet soutenu par le groupe La Provence pourrait voir le jour. A Bruxelles, une Maison des femmes a déjà ouvert ses portes en 2016.

« Beaucoup de professionnels de santé se joignent à nous et c'est fantastique, explique Ghada Hatem. Mais il faut de la place et il faut payer ce personnel, or nous manquons de financements. »

« Nous avons aujourd'hui le soutien d'une quinzaine d'entreprises, poursuit Ghada Hatem. Mais je voudrais également que le gouvernement, pour qui la lutte contre les violences faites aux femmes est « la grande cause du quinquennat », joigne les paroles aux actes. Les Agences régionales de santé pourraient par exemple disposer de financements dédiés à cette cause, qu'ils reverseraient aux associations. Mais pour le moment, pas un centime n'est versé pour cette cause. »

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