D’après une étude française, la farine serait responsable de 20% des cas d’asthme professionnel en France. Devant les composés d’ammonium présents dans les produits d’entretien et les persulfates, des substances utilisées par les coiffeurs.

La farine est la première cause d’asthme professionnel en France, juste devant les produits désinfectants, comme le révèle une étude française menée par le Pr. Frédéric de Blay, pneumologue aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg avec son équipe de chercheurs de l’Institut national de veille sanitaire (InVs) et présentée lors du Congrès de la société européenne de pathologie respiratoire le 7 septembre, à Munich, en Allemagne.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont passé en revue 330 cas d’asthme professionnels répertoriés entre 2008 et 2011 dans six départements français (Haut-Rhin, Bas Rhin, Doubs, territoire de Belfort, Val de Marne et Yvelines). Résultats : ce sont les boulangers-pâtissiers qui sont les plus à mêmes de développer un asthme, en raison de leur exposition permanente aux poussières de farine en suspension. Ils représentent ainsi 20% des cas répertoriés de cette maladie respiratoire.

Les femmes les plus touchées

Viennent ensuite les professionnels de la santé et du nettoyage qui manipulent des composés d’ammonium quaternaire principalement retrouvés dans les produits désinfectants et d’entretien, responsables de 15% des cas d’asthme en France. Puis les coiffeurs en raison de l’utilisation de persulfates, des substances présentes dans les produits de coloration.

Selon le Pr Frédéric de Blay, « l’asthme professionnel représente environ 10 à 15% des cas d’asthme observés en France, soit 36 cas par an et par million de travailleurs».

Les femmes sont globalement plus touchées que les hommes, avec 43 cas par million de travailleurs, contre 29 cas chez les hommes, « probablement parce que ce sont surtout elles qui font le nettoyage », relève le Pr de Blay.

Pour le Pr. de Blay, l’émergence des produits désinfectants dans les causes d’asthme est un « phénomène nouveau » qui n’était pas perceptible dans une précédente étude réalisée à la fin des années 90. Des résultats jugés importants qui permettront de mettre en place de nouvelles mesures de prévention.