Allô-amiante ne pouvait manquer de se manifester à l’occasion de la venue à Bordeaux du président de la Sncf, Guillaume Pepy. Les banderoles de l’association étaient donc bien présentes parmi celles des syndicats Cgt et Sud, venus avec leurs propres revendications.

Au terme d’un bref échange avec le président de la Sncf, Georges Arnaudeau, président d’Allô-amiante et responsable de la coordination amiante de l’Union des mutuelles de cheminots et des personnels du groupe (Umcpg), lui a remis une motion qui souligne que « toutes les statistiques et le nombre de cheminots victimes de ce fléau le démontrent : l’amiante n’est pas derrière nous ». En effet, poursuit le texte, « tout n’est pas réglé en matière de désamiantage, ce qui laisse encore de nombreux cheminots ou riverains à la merci des fibres volatiles. […] Le risque est toujours présent dans de nombreux secteurs de l’entreprise. C’est la conséquence du manque de prévention et de protection rationnelle ».

La motion détaille les principaux problèmes rencontrés par les cheminots victimes de l’amiante. Georges Arnaudeau les avait déjà évoqués lors de l’assemblée générale de l’Umcpg, à laquelle assistait Frédéric Buffin, directeur de la Caisse de prévoyance et de retraite Sncf (Cpr). Alors même que l’exposition à l’amiante est parfois d’une évidence criante, les victimes rencontrent de plus en plus de difficultés à faire reconnaître la maladie professionnelle.

C’est le cas des conducteurs, « affectés de plus en plus jeunes par des maladies graves (mésothéliome ou cancer broncho-pulmonaire) alors qu’ils ont travaillé sur des machines équipées aujourd’hui de moyens de protection qui témoignent de la présence d’amiante ». D’ailleurs, dans un document daté du 6 octobre 2010, rappelle Allô-amiante, « la direction Traction relate l’évaluation des risques chez les agents de conduite ».

Un parcours semé d’embûches pour les victimes

Mêmes difficultés pour tous ceux qui « à chaque aggravation de leur maladie doivent encore et encore justifier leur essoufflement devant les tribunaux du contentieux de l’incapacité […], et pour les veuves des victimes qui doivent trop souvent réclamer leur dû lorsqu’elles atteignent l’âge de 55 ans, alors que leur rente devrait automatiquement basculer à 60 % ».

La motion dénonce encore le fait que malgré le nombre de victimes reconnues, malgré la présence persistante, aujourd’hui encore, d’amiante, l’entreprise ne soit toujours pas classée comme site amiante. Cela prive les cheminots exposés, victimes ou non, de la possibilité de bénéficier de la cessation anticipée d’activité (préretraite amiante).