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J_P Benooit
Mutualité

Jean-Paul Benoit appelle à une « remise à plat du système »

 

 

Tandis qu'à Paris, en ce 19 juin, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, présentait les grandes orientations du projet de loi santé, à Marseille, Jean-Paul Benoit, président de la Mutualité française Paca, s'employait de son côté à détailler la position de la mutualité sur plusieurs thèmes qui figurent au cœur des préoccupations mutualistes, à savoir l'aide à la complémentaire santé (Acs), le tiers payant généralisé et les contrats responsables et solidaires, tout en martelant, en préambule, l'objectif inchangé de la Mutualité française : «  garantir un accès à tous à des soins de qualité et participer à la régulation des dépenses de santé ».

Concernant l’engagement de la ministre en faveur de la généralisation du tiers payant - dès l’an prochain pour les bénéficiaires de l’Acs et dès 2017 pour tous les assurés, Jean-Paul Benoit a rappelé qu'il s'agissait là d'une mesure « que la Mutualité portait depuis près de cinquante ans ». Le président a donc salué cet engagement en reconnaissant que sa mise en œuvre permettrait de lever l'obstacle de l'avance des frais pour les personnes en difficulté et a balayé les objections qui se font jour : « Nous étions l'un des rares pays de l'Union européenne à ne pas avoir étendu ce tiers payant aux médecins généralistes. Par ailleurs, dans les centres de santé mutualistes, où il est pratiqué de longue date, nous ne constatons pas de surconsommation de soins.  Ce dispositif permettra donc de faciliter l'accès aux soins pour les patients, de garantir le paiement aux médecins et, enfin, de contribuer à l'amélioration du parcours de soins.»

Concernant les contrats responsables et solidaires, le président a fait état de la réflexion de la Mutualité française quant au projet de décret en cours d'arbitrage : « Nous sommes favorables au dispositif, dans la mesure où la prise en charge des dépassements tarifaires reste optionnelle et plafonnée à un niveau suffisamment bas pour contribuer à la baisse des niveaux de dépassements pratiqués. »

Enfin le président a déploré les changements qui se dessinent dans le dispositif de l'aide à la complémentaire santé : « Nous allons passer d'une liberté totale des bénéficiaires, qui pouvaient jusque-là choisir le contrat qu'ils souhaitaient, comme tous les Français, à un système d'appel d'offres, avec à la clé un processus de sélection qui va réduire drastiquement le nombre d'organismes en mesure de proposer une couverture au public de l'Acs ! »

Avec le risque fort que l'on passe de 400 organismes à 15 ou 30... Toutes les mutuelles de proximité qui accomplissent un travail important d'information et d'accompagnement sur cette aide pourraient dès lors se trouver exclues du dispositif. «  Il y a déjà un déficit de recours important à cette aide, a pointé Jean-Paul Benoit, puisqu'on estime que 2/3 des personnes qui pourraient en bénéficier n'en font pas la demande, soit par manque d'informations, soit en raison de la complexité des démarches à entreprendre pour son obtention..  L'accompagnement est donc fondamental. Si l'on demandait à ceux qui bénéficient déjà de l'Acs de quitter leur mutuelle pour rejoindre un opérateur labellisé, on risquerait fort d'obtenir un effet inverse avec une grande déperdition des personnes. »

Dans ce dossier, la Mutualité proposait une labellisation sur le contenu des contrats, mais ouverte à tous les organismes... « Il faut donc une remise à plat du système et que ceux qui ont déjà une complémentaire santé ne soient pas obligés d'en changer... » On estime, en effet, à trois millions le nombre de personnes susceptibles de bénéficier de cette aide à la complémentaire santé. Pour l'heure, seules 900 000 personnes en ont fait la demande. Sachant qu'il n'y a pas de renouvellement automatique et qu'il faut recommencer les démarches chaque année. Cet accompagnement individualisé, les mutuelles de proximité l'accomplissaient jusqu'à présent avec succès, justifiant ainsi pleinement leur raison d'être : l'accès aux soins pour tous...

« L'Acs est un dossier essentiel, a conclu le président, car il touche les personnes les plus fragilisées. Et notre rôle à nous, contrairement à ce que disent nos détracteurs, n'est pas de “faire des affaires”, mais bel et bien d'aider les gens à se soigner. »

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