Lors de l’examen du projet de loi santé, les députés ont voté pour la suppression du délai de réflexion de sept jours entre la première et la deuxième visite médicale pour une interruption volontaire de grossesse (Ivg). Marisol Touraine a rappelé qu’« une femme qui a pris sa décision n’a pas besoin de temps »

Les députés ont adopté lors de l’examen du projet de loi santé, la suppression du délai de réflexion obligatoire de sept jours entre la première et la deuxième visite médicale pour une interruption volontaire de grossesse (Ivg). Ce temps pouvait être réduit à 48 heures en cas d’urgence, à savoir lorsque la femme était proche du délai légal de 12 semaines de grossesse.

 

Les femmes enfin considérées comme des adultes !

« La loi n’est pas là pour faire la morale mais pour définir les droits et les devoirs de chacun », a jugé Brigitte Allain (Eelv). « Ne pensez-vous pas que lorsque la femme a son test de grossesse en main, elle ne commence pas déjà son délai de réflexion ?», a demandé Michèle Delaunay (PS, GIronde), jugeant ce délai « infantilisant ».

De son côté Marisol Touraine, ministre de la Santé a souligné que  « La loi de 1975 résulte d’un équilibre qui n’a pas vocation a être figée pour l’éternité. La société a évolué, a-t-elle souligné. La relation à l’IVG ne s’est pas banalisée, elle s’est normalisée. Une femme qui a pris sa décision n’a pas besoin de temps. »

Dans la majorité, de nombreux députés ont souligné que ce délai était considéré comme culpabilisant pour les femmes « il est souvent vécu dans une grande solitude », a relevé la rapporteure du projet de loi, Bernadette Laclais (PS).

A droite, les députés se sont élevé contre : « Vous êtes en train de détruire par idéologie l’équilibre de la loi de 1975 entre la protection de la vie à naître et la liberté des femmes », a lancé à la majorité Xavier Breton (Ump), avant de protester contre « l’exclusion complète de l’homme qui est partagée par certaines et certains ».

D’autre part, l’Assemblée a aussi adopté, avec le soutien du gouvernement, un amendement socialiste autorisant les centres de santé à pratiquer des Ivg instrumentales (par aspiration). Ces centres ne peuvent actuellement que réaliser des Ivg médicamenteuses.