Insuffisance cardiaque  : la mortalité a baissé de 30% en dix ans

La mortalité liée à l’insuffisance cardiaque diminue en moyenne de 4% chaque année depuis 2000, selon les auteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Néanmoins, la maladie reste un enjeu prioritaire de santé publique.

 

L’insuffisance cardiaque représente la troisième cause de mortalité cardiovasculaire, derrière les accidents vasculaires cérébraux (Avc) et les infarctus du myocarde. En France, selon les enquêtes Handicap-Santé, menées en 2008 et 2009, elle touche 2,3% de la population adulte. Mais elle est susceptible de croître dans les années à venir en raison du vieillissement de la population et d’une survie accrue des patients victimes d’autres maladies cardiovasculaires souvent à l’origine de l’insuffisance cardiaque comme les cardiopathies ischémiques, les cardiomyopathies, l’hypertension artérielle, etc…

Les femmes sont les plus touchées

Selon une nouvelle étude parue le 8 juillet dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), le taux annuel de décès direct par insuffisance cardiaque en France a diminué de 4% chaque année entre 2000 et 2010 tandis que le taux de mortalité en causes multiples, autrement dit, en lien avec d’autres maladies comme des infarctus du myocarde, des problèmes valvulaires, une hypertension artérielle, a baissé de 3,5% par an durant la même période.

En 2010, 23 882 décès par insuffisance cardiaque en cause initiale (IC) ont été enregistré en France, dont une majorité de femmes : 14 535, soit 60,9 % des cas. Ce qui représente une baisse de près d’un tiers des décès (32,4%) par rapport à 2000. En revanche, lorsque les chercheurs comptent le nombre de morts dans lesquelles l’insuffisance cardiaque est une cause associée, ils arrivent à un total de 72 809, soit près de trois fois plus qu’en cause initiale. Cette fois, la proportion de femmes est moins importante (55,4 %). Là encore la baisse est significative, puisqu’elle s’établit à 29,6% par rapport à l’année 2000.

L’insuffisance cardiaque reste une priorité de santé publique

Pour les auteurs, « la réduction de la mortalité est très probablement liée à une amélioration de la prévention et de la prise en charge tant des maladies à l’origine de l’insuffisance cardiaque (telles les cardiopathies ischémiques et, notamment, l’infarctus du myocarde) que de l’insuffisance cardiaque elle-même. L’utilisation de nouveaux traitements plus efficaces (ß-bloquants, inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, etc.), le développement des thérapies de resynchronisation cardiaque et de l’éducation thérapeutique des patients ont favorisé la réduction de la mortalité due à l’insuffisance cardiaque ».

Malgré ces bons résultats, « l’insuffisance cardiaque est toujours, à l’heure actuelle, une cause fréquente de décès. Elle témoigne d’une fréquence préoccupante de cette maladie en France, encore aujourd’hui, malgré une diminution importante de la mortalité ».