Grands oubliés de la recherche médicale, les étudiants sont pourtant exposés à de nombreuses pathologies, parfois graves. Il était donc temps d’étudier cette partie de la population, afin notamment d’établir les liens entre ses comportements et l’apparition de certaines maladies.

Neuf millions d’euros ont été accordés dans le cadre du « grand emprunt » à la constitution et à l’étude d’une cohorte [fn]Une cohorte est un instrument de recherche épidémiologique qui permet de suivre un vaste échantillon de population, saine ou malade, sur plusieurs années ou décennies. L’objectif est notamment d’identifier les facteurs favorisant telle ou telle maladie[/fn] qui permettra de suivre 30 000 étudiants pendant dix ans. Appelé i-SHARE, ce projet sera mené par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Quatre thématiques seront étudiées : la santé mentale (dépression, stress, tentatives de suicide), les comportements à risques (addictions, comportement au volant), les migraines chez les jeunes femmes et les infections qui favorisent le cancer du col de l’utérus ou les risques de stérilité chez les femmes.

A partir du mois de septembre, 6 000 étudiants de première et deuxième années des universités de Bordeaux et de Versailles-Saint-Quentin, toutes disciplines confondues, seront recrutés chaque année.

Ils seront soumis à un examen médical approfondi, puis répondront à un questionnaire annuel. Pour cela, l’équipe de recherche entend utiliser les moyens de communication favoris des étudiants : SMS, mails, réseaux sociaux.

C’est la première fois en France, et semble-t-il dans le monde, qu’une enquête épidémiologique se concentre sur les étudiants. Les chercheurs déplorent le manque d’informations sur cette catégorie de la population, alors qu’elle est sujette à des risques bien spécifiques.

Les comportements à cet âge peuvent avoir un impact à long terme et favoriser l’apparition de pathologies telles les cancers, maladies cardiovasculaires ou neurodégénératives.

La cohorte i-SHARE n’est pas la seule : neuf autres projets ont ainsi bénéficié d’une aide financière, dans le cadre du « grand emprunt ». Pour une somme totale de 200 millions d’euros.

En juin 2010, un appel à projets avait été lancé, qui a reçu 44 candidatures. Un jury international présidé par le professeur Nino Künzli, directeur du Swiss Tropical and Public Health Institute de Bâle, a sélectionné les dix meilleurs.

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