Les femmes peu instruites ou de milieux défavorisés ont plus souvent que les autres des enfants caractérisés par un petit poids de naissance, lui-même associé à un risque de mauvaise santé dans l’enfance, voire à l’âge adulte.

S’appuyant sur l’enquête Elfe, qui suit une cohorte de 18 000 enfants nés en France en 2011, des chercheurs de l’Ined  ont examiné les liens entre les caractéristiques socio-économiques des familles et l’état de santé des nouveau-nés.
 
Moins une femme est diplômée, plus elle présente de risque de donner naissance à un enfant de petit poids (moins de 2,5 kg). Le risque est 50 % plus élevé pour les femmes sans aucun diplôme par rapport à celles ayant le bac. Les différences selon le niveau de diplôme se réduisent un peu lorsqu’on prend en compte le revenu du ménage, ainsi que des facteurs comme le rang de naissance de l’enfant, l’âge de la mère et la taille des parents, mais elles ne disparaissent pas. La consommation de tabac et d’alcool pendant la grossesse semble jouer un rôle, expliquant en partie la fréquence plus élevée des petits poids de naissance chez les enfants des femmes les moins instruites.
 
Si on compare la France et le Royaume-Uni, les variations socioé-conomiques du risque de petit poids vont dans le même sens. Mais, au Royaume-Uni, elles sont importantes entre les femmes ayant un niveau de diplôme équivalent au bac et celles ayant un diplôme plus élevé, alors que, en France, c’est entre les femmes les moins diplômées et les bachelières que les écarts sont élevés. La consommation de tabac pendant la grossesse en est peut-être l’une des raisons : elle est plus fréquente en France qu’au Royaume-Uni, en particulier parmi les moins diplômées.