L’incontinence urinaire n’est ni un tabou ni une fatalité

« C’est souvent en raccompagnant le patient à la porte du cabinet, qu’il nous confie qu’il a des petits soucis de fuite urinaire », explique le docteur Isabelle Tournerie, médecin généraliste à Sceaux (92). « Il faut alors vite prendre la balle au bond et en discuter librement avec lui.»

Car l’incontinence, qui concerne environ 2,6 millions de personnes de plus de 65 ans en France, n’est pas une fatalité, elle peut être prise en charge efficacement dès les premier symptômes.

Chez les personnes âgées, elle est un réel fléau et peut avoir un retentissement sur le plan social – isolement, perte d’autonomie – et sur le plan psychologique – refus de son corps, mal-être…
L’incontinence urinaire, qui concerne 1 femme sur 3 entre 70 et 75 ans, est souvent le signe du vieillissement, car lorsque l’on prend de l’âge, les fibres musculaires lisses se raréfient au profit des fibres graisseuses. La vessie contient moins et se vide moins bien aussi, ce qui multiplie les envies d’uriner et les risques d’infection.

C’est le moment pour la personne âgée de faire un bilan avec son médecin traitant qui travaillera en synergie avec l’urologue et éventuellement le gériatre et le médecin réadaptateur. Ce dernier portera son attention sur l’environnement de la personne âgée, lui demandera s’il est adapté à son mode de vie et notamment si elle peut facilement accéder à ses toilettes.

Quels traitements ?

La rééducation périnéale est souvent proposée en première intention. Elle vise à renforcer le plancher des muscles du périnée ce qui permet d’éviter les fuites et de mieux résister aux envies pressantes. Des médicaments sont aussi disponibles : les anticholinergiques qui agissent sur la contraction du muscle de la vessie. Les alpha-bloquants qui agissent sur le tonus musculaire et s’attaquent aux contractions et les traitements hormonaux locaux chez la femme dans certaines pathologies.

Il existe aussi des traitements chirurgicaux plus légers qu’autrefois qui peuvent se faire en ambulatoire et si l’état général de la personne le permet.

Tous ces traitements permettent de restaurer une qualité de vie essentielle pour bien vieillir et d’éviter, dans bien des cas, une perte d’autonomie, une désocialisation et un réel handicap. Il est donc important d’en parler très tôt à son médecin pour trouver des solutions efficaces et qui n’altéreront pas la qualité de vie.

La semaine sur l’incontinence qui aura lieu du 14 au 20 mars sera l’occasion de répondre à toutes les questions que l’on n’ose pas poser et d’orienter les patients et leur famille afin qu’ils trouvent des solutions pour une meilleure qualité de vie. www.urofrance.org