De nouvelles recommandations pour la prise en charge médicale des personnes vivant avec le Vih ont été rendues publiques le 26 septembre. Ce rapport, directement placé sous l’égide du Conseil national du sida (CNS) et de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), actualise ainsi les dernières recommandations qui remontaient à 2010.

Parmi les propositions phares, on note la mise en place d’un traitement antirétroviral chez toute personne vivant avec le VIH (ce qui représente près de 150.000 personnes en France dont seulement 90.000 sont traitées par des médicaments antirétroviraux) et le dépistage généralisé de l’infection Vih dans la population. En effet, 28 000 personnes ignorent encore qu’elles sont porteuses du virus du sida. Les experts espèrent ainsi endiguer l’épidémie qui donne lieu à plus de 6.000 nouvelles contaminations chaque année en France.

Le dépistage, une priorité

Pour les dépister plus facilement, les 21 experts et les deux représentants du monde associatif sollicités par le Pr Philippe Morlat, infectiologue au CHU de Bordeaux, qui a coordonné ces travaux, préconisent un ciblage des populations les plus à risque mais également des personnes qui n’ont pas fait de test de dépistage récent, invitées à faire un test “chaque fois que l’occasion se présente”, par exemple lors d’une visite chez un médecin généraliste.

Le rapport conseille également la mise à disposition plus large des tests rapides à orientation diagnostique (TROD) notamment en dehors des lieux traditionnels de dépistage afin d’atteindre les personnes échappant au  dépistage « traditionnel » et  la mise à disposition des autotests de dépistage (réalisés par la personne elle-même) sous réserve de mesures d’accompagnement et d’une évaluation prospective.

Renforcer l’éducation à la sexualité chez les jeunes

Parmi les autres recommandations figurent la mise en place de centres spécialisés pédiatriques, le recours à des dispositifs pilotes de mise à disposition de traitements pré-expositions (Prep) chez des personnes séronégatives qui sont à haut risque de contamination par le VIH, la prise en considération du désir de conception naturelle d’enfants au sein des couples sérodifférents (l’un est positif pour le VIH, l’autre non), sous réserve d’un contrôle virologique par le traitement chez la personne séropositive, ainsi que le renforcement de l’éducation à la sexualité chez les jeunes scolarisés et hors milieu scolaire, afin de promouvoir les moyens de prévention du VIH et des IST.

L’espérance de vie sous traitement augmentant régulièrement, les séropositifs ont également plus de risques d’avoir des maladies associées : les cancers représentent désormais environ un tiers des causes de décès des personnes vivant avec le VIH. Les hépatites virales chroniques (un quart des malades sont également infectés par l’un des deux virus des hépatites) et les maladies cardio-vasculaires et métaboliques sont également très fréquentes. “La sensibilisation des médecins généralistes et spécialistes à ces co-morbidités doit être favorisée”, notent les experts. “Le sida est aujourd’hui devenu une maladie chronique” ajoute le Pr. Morlat, mais l’accompagnement des séropositifs sur le plan social et professionnel doit être amélioré, en luttant notamment contre “la stigmatisation et la discrimination”.