L’Igas soutient les centres de santé

L’Inspection générale des Affaires sociales a remis le 23 juillet un rapport sur les centres de santé. Celle ci y décrit tout l’intérêt de cette forme d’exercice regroupé de la médecine qui apporte des réponses aux inégalités territoriales et sociales d’accès aux soins. Dans les centres de santé, en effet, les soins sont dispensés en secteur 1 et en tiers payant. les patients n’ont donc pas à effectuer une avance de frais et peuvent trouver en un seul et même lieu toute une équipe de professionnels. Pour l’Igas « l’utilité sanitaire et sociale des centres de santé est réelle ».

Une vraie médecine sociale

Au nombre de 1220, les centres de santé forment un monde éclaté de par la variété de leurs activités. Un tiers offre des soins exclusivement dentaires, un tiers seulement infirmiers, tandis que les centres médicaux offrent une large palette d’activités… Et cependant, note l’Igas : « une forte identité réunit la plupart des centres, trouvant son origine dans une histoire de pionniers d’une médecin attentive aux exclus et le respect d’obligations communes à fort contenu social : pratique de la dispense d’avance de fraits, respect des tarifs de la Sécu, salariat et pratiques de prévention. Ils accueillent, de fait, en général des populations plus précaires que la moyenne nationale des médecins libéraux et répondent aux attentes d’une bonne partie des jeunes professionnels qui souhaitent travailler en équipe, être déchargés des tâches administratives et mieux concilier vie professionnelle et vie familiale.

Fragiles économiquement

Le rapport pointe cependant les fragilités financières de ces organismes, ce qui conduit l’Institution à proposer un nouveau modèle économique, reconnaissant aux centres de santé une rémunération forfaitaire en plus du paiement à l’acte, sous réserve d’efforts de gestion. Les centres médicaux ont besoin d’un complément de ressources à hauteur de 14 % de leur budget et la plupart d’entre eux n’équilibrent pas leurs comptes avec les seules ressources de l’Assurance maladie. C’est le gestionnaire (association, municipalité, mutuelle) qui, au final doit, la plupart du temps, boucler le budget par une subvention. Selon l’Igas, pour trouver des recettes supplémentaires, il s’agirait d’augmenter la plage d’ouverture horaire de ces centres en veillant au taux de remplissage des plannings des professionnels, en luttant contre l’absentéisme des patients qui n’honorent pas leur rendez-vous, en organisant des consultations non programmées qui peuvent compenser les absences, en mobilisant tous les financements possibles notamment pour les fonctions annexes à l’acte de soins (accueil social).

L’Assurance maladie et les Agences régionales de santé appellées en renfort

 Le rapport pointe aussi l’exigence d’améliorer la gestion des centres de santé, mais « si les efforts de gestion ne suffisent pas, c’est aussi parce que le modèle économique des centres de santé est structurellement boiteux », en particulier la gestion du tiers-payant ou les actions sociales ou de santé publique qui ne bénéficient d’aucun financement spécifique.

L’Igas propose donc de faciliter la gestion quotidienne des centres de santé en reportant sur les caisses d’assurance maladie et les organismes complémentaires la gestion du tiers payant. Elle propose également la création d’un forfait de gestion regroupée qui serait systématiquement accordé aux centres de santé, un forfait de coordination médicale versé par les agences régionales de santé et des suppléments au titre des missions d’accompagnement social et de santé publique.

Pour la Fédération des Mutuelles de France qui gère plusieurs centres de santé : « ces propositions de réforme du mode de financement vont dans le bons sens ». Elles espèrent que la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2014 les concrétisera ».