L’ Inter Syndicat national des internes des hôpitaux (Isnih) a publié une enquête menée auprès des internes montrant que souvent les temps de repos obligatoires des internes en médecine – dits “repos de sécurité” – ne sont pas respectés.

Ce “repos de sécurité” obligatoire après chaque garde de nuit devrait être de 11 heures pour éviter que les internes n’accomplissent des services de plus de 24 heures. Cette étude montre que pour 21 % des internes la règle n’est pas respectée notamment dans les Chu (20 000 internes).

L’Isnih entend “attirer l’attention des pouvoirs publics sur ce bilan accablant des conditions de travail – déplorable et illégal – de milliers d’internes en médecine”. C’est surtout le cas en chirurgie, en gynécologie-obstétrique et pour les spécialités médicales (cardiologie, médecine physique et réadaptation, etc.).

Les internes qui ont répondu à cette enquête – près de 6 000 sur 15 000 concernés – estiment que le non respect de ce repos de sécurité est “utile pour protéger patients et médecins” et que cette situation peut conduire à des erreurs. 15 % des internes affirment avoir commises après des gardes.

Car 85 % des internes dépassent les 48 heures par semaine et la moyenne hebdomadaire de travail dépasse les 60 heures. Les deux-tiers des internes ne peuvent suivre les demi-journées de formation universitaire prévues.
Autre aspect dévoilé dans l’étude : astreintes et gardes ne sont pas payées dans un tiers des cas.

Le syndicat écrit que ces internes sont utilisés comme une main d’œuvre peu coûteuse pour faire fonctionner les hôpitaux et demande le respect de ces repos, le paiement des gardes et leur revalorisation.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a réagi par une circulaire aux Agences régionales de santé (Ars) rappelant que les établissements doivent respecter les temps de repos des internes et payer les gardes, qu’il s’agisse d’une garde normale (119,02 euros) ou pour une garde de nuit (130,02 euros) effectuée en sus du service de garde normal.