L’homme tranquille

Le 20  décembre dernier, Michel Blando, vice-président de la Mutuelle de France 04-05, s’est vu décerner la Médaille de la mutualité à Gap, par la Mutualité française 05. Un hommage aux décennies d‘implication mutualiste de ce Haut-Alpin au grand cœur.

Michel Blando, c’est d’abord une stature physique, qui impose le respect. Un homme au regard bleu impérieux, ancré dans la terre, doté d’une force tranquille. Mais, très vite, ce qui frappe chez le vice-président de la mutuelle, ce sont sa gentillesse discrète et sa grande humanité. S’il revendique un tempérament « paisible et sans emphase », il sait être revendicatif quand la situation l’exige. Et continue de tracer son sillon avec discrétion et constance.

« C’est Lucien Blanc, le président de la Mutuelle des travailleurs 05, et mon vieux copain d’école Christian Arduin, très actif au sein de la mutuelle, qui m’ont incité à entrer en mutualité, raconte Michel. J’ai donc été administrateur en 1976, puis secrétaire, et enfin vice-président après le décès de Lucien Blanc. » En 1999, il succède à Henri Gastaldi et devient à son tour président. En 2004, lors de la constitution de la Mutuelle de France 04-05, la responsabilité de la vice-présidence lui échoit. Il sera également trésorier de la Mutuelle d’action sociale (Mas) 04-05 durant quelques années.

En parallèle, sa carrière à la Cpam (caisse primaire d’assurance-maladie) et son accession au poste de fondé de pouvoir des organismes de Sécurité sociale témoignent de sa compétence. « Michel excelle dans la logistique, il est très pragmatique, fait remarquer un autre Haut-Alpin, Jean-Claude Eyraud, président de la Mas 04-05. Ce n’est pas un bavard, mais quand il intervient, c’est toujours pour nous ramener sur le terrain de nos valeurs. »

Adolescent, Michel se destinait à l’enseignement. Après une scolarité qu’il qualifie de « décontractée », et son bac littéraire en poche, il sera surveillant au lycée Dominique-Villars à Gap, puis fera son service militaire en 1962 à Granville. « Les six derniers mois, je les ai passés au camp de Saint-Maurice-l’Ardoise à enseigner aux gamins de harkis. Une expérience marquante, avec des enfants attachants », se souvient-il.

L’album de famille de Michel se teinte des couleurs sépia d’un éternel français : l’arrière-grand-père est colporteur entre l’Italie et la France ; son fils, le grand-père de Michel, mourra très jeune à la guerre de 14-18, sa veuve fera des ménages à Gap pour élever ses enfants. Grâce à ses sacrifices et à son courage, le père de Michel sera instituteur. Son enfance se déroule dans la petite école communale de Jarjayes.

« Mon père, militant communiste, était très respecté dans le village. Il louait un jardin pour le cultiver. Il m’y envoyait bêcher, semer, arroser, raconte-t-il en riant. Le jardinage, c’est une bonne école de vie. » L’été, avec sa bande de copains, il joue dans les champs, chaparde les pêches dans les vergers. Une vie d’insouciance que la disparition prématurée de sa mère vient assombrir. Le papa élèvera seul ses trois fils. Puis Michel partira en pension chez une tante à Gap.

Mais Michel a su conserver sa nature heureuse. C’est tout juste s’il évoque avec nostalgie la convivialité qui pouvait régner autrefois à la mutuelle : « On organisait des voyages, des repas, des bals après les AG. On était comme une grande famille. » Avant de mentionner, en la minimisant, son implication au sein de l’association de son hameau de Sainte-Marguerite. « Il se bat pour animer le quartier et organise depuis plus de trente ans de belles fêtes ! » corrige Jean-Claude Eyraud. « Oui, Michel, c’est un épicurien, doté d’un bon coup de fourchette », sourit Gérard Serreault, président de la Mutuelle de France 04-05.

Marié, père d’une fille, puis veuf, il est aujourd’hui un grand-père attentif. Et continue de cultiver son potager. Qui a goûté ses tomates russes en redemandera ! Mais l’honnêteté voudrait que le dithyrambe soit tempéré : aussi se doit-on de mentionner quelques réticences chez ses amis mutualistes à lui laisser le volant, en raison d’une conduite un tantinet trop sportive. Mais, à part ça, Michel, c’est vraiment « un type extra ! » a-t-on entendu partout.