Les associations médicales se réjouissent du rejet de la part de l’office indien des brevets d’une demande de brevet formulée par le laboratoire Gilead pour le sofosbuvir, traitement contre l’hépatite C, ce qui permettra peut-être bientôt une version générique.

L’office indien des brevets a rejeté mardi 13 janvier, une des demandes de brevet formulée par le laboratoire Gilead pour le sofosbuvir, traitement contre l’hépatite C. Cela signifie que ce médicament pourra bientôt être disponible en version générique et donc moins cher.

En plein débat sur le coût des nouveaux traitements contre l’hépatite C, les associations saluent cette décision de l’office indien des brevets qui contribue à une amélioration de l’accès aux traitements pour de nombreux patients.

« Cette décision est encourageante explique le Dr Jean-François Corty, directeur des opérations France de Médecins du Monde, mais il nous faut encore attendre car un deuxième brevet demandé par Gilead est toujours en cours d’examen. ».

Des traitements à coût exorbitant

L’actuel médicament de Gilead vendu à prix exorbitant – 1 000 dollars la pilule aux US, 84 000$ les 3 mois de traitement – est inaccessible pour l’immense majorité des patients atteints d’hépatite C. De fait, les organisations médicales internationales sont dans l’incapacité de soigner correctement leurs patients malades de l’hépatite C alors qu’un traitement efficace existe.

Le problème d’accès se pose non seulement dans les pays « à ressources limitées » mais aussi dans les pays occidentaux qui ne disposent pas des ressources suffisantes pour absorber de tels prix. En France, le prix est de 41 000 euros et le médicament est rationné. En Angleterre, le traitement est vendu 44 000£ et l’assurance maladie a repoussé d’avril à juillet la dispensation du traitement. En Espagne, le traitement est également rationné : seule 5 000 personnes -1 personne sur 5 en besoin urgent de traitement- pourra y avoir accès en 2015.

Pourtant, le sofosbuvir ne coûterait que quelques centaines de dollars si des versions génériques existaient ! Les associations ( Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, Aides, Comede) rappellent la nécessité de toujours être vigilant pour favoriser l’accès universel aux traitements contre l’hépatite C en Europe et dans le reste du monde. « La décision de l’office Indien des brevets doit également encourager l’ouverture d’un débat public en France sur les prix des médicaments et leur impact sur les systèmes de santé. » note l’association Médecins du monde.