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Harcèlement sexuel : non, c'est non !

Depuis plusieurs mois, les femmes clament haut et fort qu’elles veulent pouvoir vivre sans être harcelées, importunées, violées...

En octobre, l’affaire Weinstein, du nom de ce producteur hollywoodien qui a agressé des dizaines de femmes, défrayait la chronique. Si la question du harcèlement sexuel ne fut une découverte pour personne, les témoignages de milliers de femmes ont, eux, ébranlé les consciences.

Un problème d'éducation

Avec le #metoo, les femmes se sont mises à parler sans honte, découvrant, incrédules, qu’elles étaient nombreuses à être victimes d’agressions, de harcèlement ou de viols, et cela dans tous les milieux et dans tous les cadres (famille, travail ou lieux publics). « La violence sexuelle est à la fois très présente et très taboue dans notre pays. Elle est tellement intégrée, par les femmes elles-mêmes, que souvent elles ne font plus cas d’une main baladeuse ou d’un regard plongé dans un décolleté.

Il y a donc un véritable problème d’éducation des garçons, bien sûr, mais aussi des filles. S’il faut enseigner aux garçons le respect, il faut aussi éduquer les filles à se respecter elles-mêmes et à poser des limites », explique Anne-Laure Buffet, psychothérapeute.

A partir de quel moment une attitude équivoque bascule-t-elle dans le harcèlement ? Quand dire non ? « C’est toute la difficulté, reconnaît-elle, en particulier au travail. Au début, on peut considérer une remarque comme flatteuse, puis le ton se fait plus insistant, devient gênant. Peu à peu, on se renferme, on change de comportement, on ne se met plus en jupe, on a une boule à l’estomac sur le trajet… En général, dès qu’on ne le sent pas, que cela met mal à l’aise, il faut dire non sans attendre. »

Un accompagnement psychothérapeutique nécessaire

Mais ça n’est pas si simple. « Certaines femmes n’ont pas appris à dire non, soit parce qu’elles ont déjà été victimes dans l’enfance, soit parce qu’on leur a toujours appris à être polies, à faire passer les autres avant elles… Elles ne savent pas où mettre les limites et quand elles s’y risquent, il est déjà trop tard. » Quant à l’éducation des garçons… « Quand on affiche sur les murs des villes des femmes à moitié nues dans des positions suggestives, comment dire ensuite aux hommes quel comportement est correct ? »

Le chantier de la prévention reste énorme. 138 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint, et on ignore combien ont été poussées au suicide. Beaucoup de femmes méconnaissent leurs droits, ou ne comprennent pas la notion de « viol conjugal ». « Elles pensent que l’acte sexuel entre époux est un devoir. Ou elles sont persuadées que le viol dans le cadre du mariage est une circonstance atténuante alors que, juridiquement, c’est un facteur aggravant. »

Seul un accompagnement psychothérapeutique peut aider les victimes à se reconnaître comme telles. Il faut que les mots « agression sexuelle, viol, inceste » soient clairement posés. « Les groupes de parole sont très efficaces pour cette prise de conscience », explique Anne-Laure Buffet, qui en anime chaque mois. Ensuite peut commencer la reconstruction. Elle passera par un travail sur l’estime de soi permettant d’éviter de retomber dans les mêmes schémas, avec un nouvel agresseur.

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