100 % des utilisatrices de transports en commun ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle, d’après le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), qui vient de rendre un rapport. Marisol Touraine promet des mesures fortes dans quelques semaines.

La présidente du HCEfh, Danielle Bousquet, a remis jeudi 15 avril à la secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, Pascale Boistard, un rapport destiné à lutter contre les violences sexistes : «Stop au harcèlement sexiste et aux violences sexuelles sur toute la ligne ». Et Marisol Touraine promet des mesures fortes d’ici à quelques semaines.

Des mesures concrètes d’aide aux victimes

Le rapport propose trois orientations et quinze recommandations en direction des pouvoirs publics, conseils généraux et communes, des opérateurs de transports, mais aussi du grand public : femmes victimes de harcèlement, témoins et… agresseurs.

En premier lieu, le Haut Conseil recommande de mieux faire connaître les numéros d’alerte comme celui de la Sncf (3117) ou les bornes d’urgence sur les quais, en mentionnant explicitement «les violences » comme motif de recours. Le 3117 pourrait être généralisé à l’ensemble des réseaux de transports, avec la possibilité d’envoyer des Sms ou de télécharger des applications, préconise le rapport. Ce numéro pourrait aussi être inscrit sur tous les titres de transport.

Le HCEfh recommande aussi de former les professionnels concernés afin qu’ils sachent mieux réagir aux situations de harcèlement et orienter les victimes. Il préconise encore de mieux organiser les transports par bus (arrêts à la demande à proximité de la destination finale, amplitude horaire…), comme cela a été expérimenté au Canada, afin de sécuriser les personnes seules la nuit.

Dans les transports, deux tiers des victimes d’injures et insultes et la majorité des victimes de violences sexuelles sont des femmes. Elles sont très exposées dans les bus et bus scolaires, entre 8 heures et 20 heures.

Les hommes ne sont pas épargnés. Victimes de coups et blessures, ils sont violentés dans les trains, à partir de 21 heures, précise le rapport.