Désertification médicale accélérée, fermeture de services hospitaliers, réductions d’activités, coopérations public-privé imposées… Face à ce qu’elle qualifie
de « déstructuration du tissu hospitalier public
de proximité », la coordination régionale des comités
de défense des hôpitaux et maternités de Midi-Pyrénées demande une évaluation préalable des besoins. « L’état de santé des populations n’est plus garanti partout dans nos huit départements, faute de prise en charge médicale suffisante. Nous demandons l’arrêt immédiat des projets de restructuration engagés par l’agence régionale de santé (Ars) de Midi-Pyrénées, car ces projets ne reposent
que sur la volonté de réduire les dépenses de santé.

Or, il est indispensable de partir des besoins – humains et matériels – de santé, en dressant un état des lieux objectif, en recensant les études menées en la matière
– et il en existe ! – et en ouvrant une large concertation avec les acteurs (élus, professionnels, syndicats, mutuelles, usagers…) », revendique Jean-Claude Marx, responsable de la coordination régionale. « Les hôpitaux
de proximité doivent répondre aux besoins de santé
en médecine-chirurgie-obstétrique et pas se transformer en établissements de soins de suite et de réadaptation ! » plaide la coordination.

Outre une évaluation des besoins des usagers face à l’offre publique de soins, elle exige l’ouverture d’un large débat démocratique, alors même que les comités de défense n’ont pas voix au chapitre !

En effet, ils ne sont quasiment représentés ni dans
les conférences de territoires des Ars, ni dans les conseils de surveillance des hôpitaux. Résultat : les conférences sont les « chambres d’enregistrement des décisions
des Ars », déplore Michel Lapierre, président du comité de défense de Haute-Garonne et président de Mutami, à l’origine d’une rencontre, en novembre dernier, des comités de Midi-Pyrénées. Il compte davantage sur le conseil régional, compétent en matière d’aménagement
du territoire, pour organiser le débat démocratique.

En cette période préélectorale, la coordination régionale a d’ailleurs interpellé les différents candidats sur la nécessité d’abroger la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » (Hpst), de revoir la tarification à l’activité, de limiter les dépassements d’honoraires, de recruter du personnel soignant et d’« orienter » l’installation des médecins vers les zones déficitaires.