Comment ça marche ?

Le National Health Service (Nhs), créé en 1948, est un service public ouvert à tous. Les médecins (mais aussi les dentistes, les ophtalmos et les pharmaciens – pour les médicaments sur ordonnance) sont rémunérés par l’Etat. Chaque Britannique s’inscrit chez un généraliste qui oriente, si besoin, vers un spécialiste ou vers l’hôpital, qui, sauf urgence, n’est pas en accès direct. Jusqu’en 1990, les hôpitaux anglais étaient publics. Margaret Thatcher a créé des « Nhs trusts » régionaux, autonomes financièrement. Les autorités régionales (pour leurs administrés) et les cabinets médicaux (pour leurs patients) achètent des packages de soins hospitaliers à ces trusts qu’ils mettent en concurrence.

Qui finance ?

Le Nhs est financé à 85% par l’impôt et l’Etat. Les 15% restants émanent de la contribution des patients pour les soins dentaires ou oculaires, ou des assurances privées.

Les points forts

Des soins gratuits… ou presque. Les Anglais sont très attachés au Nhs, au sein duquel les soins sont gratuits. Les patients ne font pas d’avance de frais mais acquittent une participation pour les médicaments (9,50  par ordonnance), l’ophtalmologie (23euros), les soins dentaires (21euros), les extractions ou les plombages (60euros), les couronnes, les prothèses dentaires (258euros). Le taux de prise en charge par l’Etat est l’un des plus élevés d’Europe.

Les plus fragiles bien protégés. Les médicaments et les soins dentaires sont gratuits pour les plus de 60 ans, les handicapés, les femmes enceintes, certains malades (diabète, cancers…) ou les bénéficiaires des minima sociaux. Il existe des bons d’aide pour l’optique. Les malades chroniques qui prennent des médicaments régulièrement peuvent acquitter un forfait annuel d’une centaine d’euros qui les dispense de la participation sur chaque ordonnance.

Des médecins « plus vertueux ». Les médecins n’ont pas le droit de s’installer dans des zones déjà à forte densité médicale, et il existe des incitations pour les orienter vers des zones à faible densité. Pour les médicaments, ils sont «sous contrôle». La moyenne des prescriptions est calculée pour chaque généraliste. En cas de dépassements trop élevés par rapport à la moyenne nationale, une enquête du Nhs peut être déclenchée. 80% des médicaments prescrits sont des génériques.

Les points faibles

Trop d’attente. La densité médicale est la plus faible d’Europe. Il faut parfois plus d’un an pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste. Une situation qui a contraint durant des années des milliers de Britanniques à se rendre à l’étranger pour être opérés. Avec l’arrivée de Tony Blair au pouvoir, des milliards de livres ont été investis dans le service de santé. La situation s’améliore, mais reste tendue.

Une médecine à deux vitesses. 12% de la population a recours à la private medical insurance (Pmi), assurances privées qui les dispensent des délais d’attente pour consulter un spécialiste et pour l’admission à l’hôpital au sein des private wings (secteur privé à l’hôpital), avec de meilleures prestations. La Grande-Bretagne connaît une médecine à deux vitesses. D’un côté un Nhs de qualité mais saturé, de l’autre le privé, réservé à ceux qui peuvent payer.

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